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Atsushi Kaneko


Article Atsushi Kaneko - Punk manga is not dead !

Article rédigé par Ramza le 15 Avril 2012 (dernière modification le 16 Avril 2012)

Atsushi KanekoC'est lors de l'édition 2012 du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême que nous avons pu rencontrer Atsushi Kaneko.

Friand de cinéma, de musique punk et de mangas underground, Atsushi Kaneko signe des œuvres atypiques comme SOIL ou BAMBi qui ne pouvaient que se placer en marge des blockbusters actuels. De quoi piquer notre intérêt et souhaiter en savoir plus sur cet auteur original.

 

  • Bonjour Monsieur Kaneko. Au départ vous vous destiniez au cinéma, mais vous êtes aujourd’hui là en tant qu’auteur de mangas… Si on veut vous définir, est-ce que vous êtes plutôt un mangaka qui fait du cinéma ou un réalisateur qui fait du manga ?

Vous avez raison, j'ai d'abord cherché à faire du cinéma avant de devenir mangaka et j'ai finalement eu la possibilité de réaliser un film. Mais si les producteurs ont fait appel à moi, c'est bien qu'ils appréciaient mes mangas.

J'aimerais tourner un autre film si l'opportunité se représentait, mais je crois que ce que je veux faire avant tout, c'est de la bande dessinée.

 

  • Êtes-vous d’ailleurs un lecteur de mangas ? Avez-vous des titres préférés ?

LA CHENILLEJe ne lis quasiment aucun manga mainstream, mais je lis des mangas et des comics underground. J'aime surtout Suehiro Maruo, je suis fan de son travail depuis l'adolescence. Ces derniers temps, on dirait qu'il accorde une importance particulière au scénario, et il travaille à partir d'œuvres littéraires. Sa récente adaptation de LA CHENILLE d'Edogawa Ranpo est pour moi un véritable chef-d’œuvre.


  • Lors d’une interview vous expliquez qu’au départ, avec BAMBi, vous vouliez produire un manga le plus éloigné possible des mangas classiques… Pourquoi ?

Comme je l'ai dit, je ne lis quasiment jamais de mangas mainstream, ça ne m'intéresse pas. Quand je suis moi-même devenu mangaka, j'ai préféré chercher mon propre style plutôt que d'essayer d'apprendre comment les autres travaillaient.

Puis, après avoir sorti plusieurs titres, j'ai eu au contraire l'envie de m'approprier le « style manga » pour raconter une histoire, et c'est ainsi qu'est né BAMBi. C'est ce qui m'a permis de faire connaître mon travail à un plus large public.

 

  • Votre graphisme dénote lui aussi beaucoup des mangas classiques, quelles sont vos influences dans ce domaine ?

À l'adolescence, j'ai délaissé les mangas pour me plonger dans le punk, et à travers les illustrations que l'on trouvait sur les pochettes des disques et les flyers, j'ai découvert les comics underground et la culture pop. J'aime beaucoup Daniel Clowes, Coop, Robert Williams, Eric Stanton. Quand j'ai commencé à écrire des mangas, j'ai beaucoup puisé dans ces influences.

 

  • Pouvez-vous nous parler plus en détail des influences, musicales notamment, qui ont nourri BAMBi ?

BAMBiLe titre même de la série vient de la chanson des Sex Pistols : Who Killed Bambi?. Je me suis inspiré de l'esthétique garage punk, où se mêlent des références aux films d'horreur et de science-fiction de série B, aux catcheurs masqués, à la culture SM, aux drogues etc. BAMBi était pour moi une manière de présenter mon travail et mon univers, c'est une sorte de coffre à jouets dans lequel j'ai fourré toutes sortes de choses que j'aimais.

 

  • Comment peut-on transposer de la musique dans un manga ?

Je pense qu'il serait à la fois impossible et vain d'essayer de représenter de manière « littérale » de la musique en manga. C'est pour ça que dans BAMBi, je n'ai jamais dessiné Gabba King en train de chanter sur scène.

En revanche, je crois qu'on peut tout à fait traduire en manga les émotions que l'on ressent quand on écoute de la musique, et que l'on peut communiquer au lecteur un sentiment d'excitation au moins équivalent.

 

  • Toujours en ce qui concerne vos influences… Pour BAMBi, vous citez les films de Sam Raimi. Et pour SOIL, qu’en est-il ?

BAMBi est en fait le fruit d'un mélange de toutes sortes d'influences, en cinéma, en musique et en comics, et Sam Raimi n'en est qu'une parmi beaucoup d'autres. C'est également le cas pour SOIL, mais je pense que les références y sont moins flagrantes. Je ne pourrais pas vraiment dire que je me suis inspiré de quelqu'un ou de quelque chose en particulier, c'est le résultat de multiples influences que j'ai digérées.

 

  • Tiens justement, comme on parle de SOIL, comment est née cette histoire ?

SOILAvant de devenir mangaka, je travaillais près d'un chantier où se construisait un nouveau quartier résidentiel. En voyant tout d'un coup sortir de terre ces rues et ces maisons là où il n'y avait rien auparavant, j'ai éprouvé une sorte de malaise, comme si j'étais témoin de l'érosion du monde par les hommes.

J'ai eu envie de travailler sur cette sensation et de raconter une histoire se déroulant dans ce genre de quartier résidentiel flambant neuf.
 

  • Comment est né le duo d’inspecteurs Yokoi et Onoda ?

C'est une sorte de cliché qu'on retrouve dans les films policiers ou les séries, et que j'ai juste poussé jusqu'à la caricature. Je voulais qu'ils soient si mal assortis que le lecteur ait envie de rire rien qu'en les voyant ensemble.


  • Dans SOIL, vous représentez une communauté où on s’attache à sauvegarder les apparences pour montrer que tout va bien et où les étrangers ne sont pas très bien vus… C’est une vision de la société japonaise ?

Je pense que ce comportement n'est pas l'apanage du Japon, c'est un phénomène de psychologie sociale que l'on retrouve sous d'autres formes dans le monde entier.

Bien sûr, cela prend des proportions extrêmes dans la société japonaise, et Soil New Town est par ailleurs une caricature de ce comportement. Mais j'ai tenté d'écrire une histoire à portée universelle, qui puisse toucher les lecteurs quels que soient leur culture, leur pays d'origine et leur religion.

 

  • Vous travaillez actuellement sur une nouvelle série, Wet Moon… Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?

Wet MoonWet Moon est un polar noir situé dans le Japon des années 60. C'est une histoire d'amour tordue entre une meurtrière en cavale et le policier qui la traque, et qui se retrouve mêlé à une intrigue qui le dépasse. C'est aussi l'histoire d'un homme qui a perdu la faculté de distinguer le réel du délire.

 

  • Est-ce que vous aimeriez transposer vos mangas en film ?

Je considère le cinéma comme une sorte de rival du manga, aussi j'essaie toujours de raconter des histoires qui ne pourraient pas être mises autrement en images. Si je pouvais réaliser un autre film, j'écrirais un nouveau scénario pour l'occasion.

 

  • Après les séances de dédicaces, quelle est votre impression sur le public français ?

Atsushi Kaneko en dédicaceJ'ai trouvé les gens très passionnés, et il m'a semblé qu'ils lisaient mes mangas avec beaucoup d'attention et de discernement. Surtout, j'ai été extrêmement ému que des lecteurs d'un pays aussi éloigné du mien et parlant une langue si différente de la mienne connaissent le nom de mes personnages, apprécient mes histoires et viennent me rencontrer pour obtenir une dédicace.

Je me suis efforcé de me retenir, mais pendant que dessinais j'ai bien failli me mettre à pleurer à plusieurs reprises.

 

  • Pour finir, un film et/ou un album de musique à conseiller à vos lecteurs ?

Comme Wet Moon se passe dans les années 60, en ce moment je regarde beaucoup de films japonais de cette période.

Je vous conseille particulièrement La Marque du tueur, de Seijun Suzuki, un film noir à la fois drôle, surréaliste et très classe. En musique, je vous recommande The Cramps, un groupe de rock garage/punk dont je suis un fan absolu. Je vous conseille le disque Off The Bone, qui compile les meilleurs morceaux de leurs débuts.

 

  • Merci monsieur Kaneko !

Remerciements à Atsushi Kaneko pour son temps et sa simplicité. Merci également aux éditions IMHO et Ankama pour la mise en place de cette interview.

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