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JAPON, 1 AN APRÈS [8 regards sur le drame]

One shot

Article JAPON, 1 AN APRÈS [8 regards sur le drame] - Interview des auteurs -

Article rédigé par Mackie le 11 Mars 2013 (dernière modification le 15 Mars 2013)
De gauche à droite : David Guelou (alias Glou), Yasmine et Dayhne Binatai - Japan Expo 2012David Guelou (alias Glou), Yasmine et Dayhne Binatai sont trois des quatre scénaristes (avec Luna Tick) à l'origine du projet Akiba MANGA, magazine de prépublication de mangas originaux lancé en janvier 2011, avec sept œuvres soumises aux votes des lecteurs et un mix entre dessinateurs japonais et scénaristes français (voir le dossier ici).
Après l'arrêt du magazine en décembre 2011, ils conçoivent le volume collectif JAPON, 1 AN APRÈS [8 regards sur le drame] sous la direction éditoriale de Raphaël Pennes de KAZÉ MANGA, toujours en collaboration avec des mangakas résidant au Japon. Tous les bénéfices de l'ouvrage, paru le 14 mars 2012, seront reversés à la Croix-Rouge japonaise en soutien au peuple nippon (voir la news ).

Ces trois auteurs, nous les avons rencontrés lors de Japan Expo 2012. Un entretien au cours duquel ils sont longuement revenus à la fois sur l'expérience Akiba MANGA et sur le projet JAPON, 1 AN APRÈS [8 regards sur le drame]. En commémoration de la triple catastrophe qui a frappé le Japon le 11 mars 2011, nous vous proposons aujourd'hui de découvrir leur interview.


1) Akiba MANGA

  • Le projet Akiba MANGA a démarré chez ANKAMA mais, au commencement, comment cela s'est-il passé pour démarcher les éditeurs ?
Premier numéro du magazine Akiba MANGA sorti le 27 janvier 2011Glou : Après avoir développé le concept, j'ai recherché des auteurs avec qui trouver les bonnes idées de scénarios, ensuite je suis parti au Japon recruter des dessinateurs. J'ai fait faire un book des premiers jets que j'ai présenté aux éditeurs à Japan Expo, pour voir les réactions, qui serait intéressé parmi eux. Plusieurs se sont montrés intéressés, avec chacun leurs propres conditions, financières et artistiques. Finalement, nous avons accepté l'offre d'ANKAMA car nous avions cinq projets d'histoire, et ils nous ont proposé qu'avec deux histoires en plus, on en fasse un magazine. En deux ou trois semaines, nous avions les deux histoires supplémentaires, les pages test, et nous nous sommes lancés.

  • Yasmine et Dayhne Binatai, comment êtes-vous arrivés sur ce projet ?
Yasmine - Japan Expo 2012Yasmine : Nous nous connaissions tous les trois car nous avons travaillé dans la même boutique de comics et de mangas. Bien sûr nous partagions la même passion, et c'est en discutant ensemble que nous nous sommes aperçus que nous avions des idées de scénarios, chacun avec nos propres univers. Finalement les histoires sont venues naturellement, généralement en collaboration, et c'est cette osmose qui a permis que le projet aboutisse. Je tiens d'ailleurs à souligner que Glou, qui a une plus grande notoriété que nous, a reçu des propositions personnelles mais nous a toujours inclus dans le projet. Tout s'est enchaîné assez vite, après.

  • Les éditeurs n'étaient-ils pas échaudés par le fait que plusieurs projets de prépublication française aient échoué ?
Planche de Dayhne Binatai : Oui et non. En fait ces échecs ne nous ont pas gênés, au contraire presque. Nous, notre projet était de faire de la création avec, en plus, une french touch dans la conception, tout en restant du vrai manga créé graphiquement par des dessinateurs japonais, avec leur langage visuel propre. L'idée de Glou, que personne n'avait eue vraiment avant, à part certaines collaborations prestigieuses mais ponctuelles (MœbiusTaniguchi, par exemple), ça a été de faire travailler ensemble des auteurs français et des mangakas. C'est comme ça que Glou est parti au Japon rechercher des artistes, notamment sur les festivals, pour créer ce pont entre France et Japon. Le projet n'ayant pas de précédent, on partait dans l'inconnu, et donc on ne pouvait pas se comparer à des échecs ou à des réussites. C'est ça qui a séduit les éditeurs que nous avons ensuite rencontrés.

  • Une des spécificités d'Akiba MANGA, c'est le système de votes par les lecteurs. Comment est venue cette idée ?
Akiba MANGA, le principeGlou : L'idée vient de Bounthavy Suvilay (interview ici, NDLR), lors d'une de nos premières réunions chez ANKAMA, quand on a commencé à parler de prépublication. Au Japon, la plupart des magazines de mangas utilisent ce système, ça n'a jamais été fait en France. D'ailleurs, certains l'ont mal compris au début, nous avons été accusés de transformer la culture en marchandise, tout ça… Alors que nos artistes japonais, eux, trouvent cela parfaitement naturel, ils auraient même été étonnés qu'on ne l'adopte pas !

Yasmine : Bien que cette sorte de prépublication n’ait jamais fonctionné en France, je reste persuadée que l'idée était bonne, car elle nous a offert des possibilités d'interactivité inédites avec nos lecteurs, que ce soit sur le site d'ANKAMA ou sur Facebook. D'ailleurs, après l'arrêt d'Akiba MANGA, le noyau dur de fans ainsi créé a continué à nous suivre, car ils ont eu la sensation de faire partie du projet. C'est la première fois qu'un tel phénomène se produit, je crois.

  • Avez-vous eu un retour chiffré de la proportion de votants par rapport au nombre d'acheteurs ou d'abonnés ?
Glou, Yasmine et Dayhne Binatai interviewés par Ramza et Mackie pour Total Manga - Japan Expo 2012Yasmine : Non, en tant qu'auteurs, nous n'avons pas été impliqués dans la gestion et dans les chiffres, ça c'est du ressort d'ANKAMA. On savait plus ou moins le nombre d'exemplaires placés chaque mois en librairie ou en boutique presse, en France et en Belgique, mais pas plus.

Glou : On a eu des soucis dans la distribution. Il faut savoir qu'il y avait un laps de temps entre le placement en point presse et celui en librairie, jusqu'à deux semaines. Les libraires ont bien fait leur travail mais se sont sentis un peu délaissés, on peut le comprendre. En outre, nous avons tenu à ce qu'Akiba MANGA soit édité dans le sens japonais, comme un volume de manga, et ça n'a pas été compris par les distributeurs de presse, qui plaçaient généralement Akiba à l'envers ! À cause de ça, on a eu des témoignages d'acheteurs qui ne trouvaient pas le mag, les vendeurs non plus ne savaient pas où il se trouvait, ou bien disaient qu'il n'y en avait plus !

  • Akiba MANGA s'est arrêté au septième numéro. Quel bilan tirez-vous de cette aventure ?
Septième (et dernier) numéro d'Akiba MANGA sorti le 26 août 2011Yasmine : C'est un échec sur le plan éditorial mais, pour nous, ça restera comme un demi-échec seulement car il y a des points positifs. Quand même, avec le recul, concevoir un projet, puis le lancer et se faire éditer aussitôt, rencontrer les fans sur notre propre stand à Japan Expo 2011… C'est une belle expérience. Sur le plan professionnel, le fait de travailler sur un rythme japonais, c'est-à-dire très intense avec près d'une centaine de pages par mois, nous a beaucoup appris. Ce fut une très bonne école, nous remercions vraiment ANKAMA pour nous avoir laissé notre chance. Nos histoires restent, certaines sont sorties en volume, et peut-être qu'elles auront une suite dans le futur, dans un autre cadre.

  • Comment ça s'est passé avec les artistes japonais au moment d'arrêter ?
Glou - Japan Expo 2012Glou : Il y a eu pas mal de flottement, d'informations contradictoires, au niveau éditorial. On ne savait pas s'il fallait arrêter ou continuer. Déjà, dès le troisième numéro, il y a eu un hiatus avec la décision de passer à un rythme trimestriel, ce dont nous n'avions pas été informés immédiatement, et les artistes japonais n'ont pas tellement apprécié. Ce n'était pas le deal que nous avions passé avec eux. Notre projet, c'était du mensuel avec un système de votes. On carburait quand même à 140 pages de création chaque mois ! Pas des licences, pas des traductions, mais de la création ! Et en plus, on assurait la coordination France-Japon. Il y a donc eu un décalage avec les réalités éditoriales que nous n'avions pas vu venir. Sans compter qu'il est arrivé ce que personne ne pouvait prévoir : le séisme du 11 mars. Aussi dramatiques qu'en furent les conséquences, à notre petit niveau, ça a eu un impact collatéral sur la production. (Silence) Enfin bref, nos artistes ne pouvaient pas livrer leurs pages dans les délais, voilà. Le public ne l'a pas forcément perçu, mais ils avaient des choses plus importantes que ça à gérer.

Donc pour répondre à la question, les réactions ont été diverses. Certains ont manifesté l'envie de continuer. Que ce soit en France ou au Japon. Pour la petite histoire, on a trouvé des scantrads de Terminus en japonais ! D'habitude, c'est dans le sens inverse !

  • Si le projet devait redémarrer un jour, ce serait à quelles conditions pour vous ? Que faudrait-il changer ?
Glou, Yasmine et Dayhne Binatai interviewés par Ramza et Mackie pour Total Manga - Japan Expo 2012Glou : On a chacun des opinions différentes sur ce point !

Dayhne Binatai : Pour moi, l'échec est avant tout dans la mise en place. Du côté artistique, il y a bien entendu eu des moments de tension, mais ça c'était normal, prévisible. Nous, en tant que scénaristes, nous étions novices, les mangakas, même ceux qui avaient une expérience dans le fanzine ou le doujin, étaient relativement novices également. À chaque numéro, on apprenait de nos erreurs. Donc moi je serais prêt à repartir. On sait ce qu'il faudrait améliorer, notamment dans les rapports entre auteurs et dessinateurs. D'ailleurs pour ANKAMA Presse aussi c'était une toute nouvelle expérience, même ayant des titres comme WAKFU Magazine, ig Magazine, le job d'éditeur presse et celui d'éditeur de création manga ne sont pas deux choses complètement identiques. Finalement, c'est surtout au niveau éditorial qu'il y a eu des problèmes. On aurait pu continuer, on aurait pu aussi arrêter au numéro deux, on a tenu jusqu'au numéro sept, ce n’est pas si mal !

Yasmine : Je suis d'accord. Nous étions novices sur bien des aspects. Être scénariste ne s'arrête pas à l'aspect artistique. Il nous a manqué de l'expérience dans l'édition, et une certaine rigueur dans l'organisation. Avoir la chance de démarrer un projet aussi vite après la conception artistique a été à double tranchant. Nos histoires étaient écrites en amont d'un bloc, on aurait peut-être pu améliorer le découpage et raisonner plus en termes de numéros à paraître, je ne sais pas… Moi j'ai appris qu'il fallait avoir une meilleure organisation et plus de rigueur, et je pense que j'ai mûri sur ce point.

Glou, Yasmine et Dayhne Binatai interviewés par Ramza et Mackie pour Total Manga - Japan Expo 2012Glou : Pour refaire de la prépublication, je suis partant. À certaines conditions. En France, un projet comme celui-là, ça se conçoit avec plus de temps, plus de préparation. Pour donner un exemple, il aurait fallu plus travailler la communication dès le lancement. De nombreux lecteurs ont appris l'existence d'Akiba MANGA lors de mon interview sur NOLIFE, après la publication du numéro deux. Ils me demandaient : « Ça a l'air bien votre projet, ça sort quand ? » Je répondais : « Ben, il y a deux mois… » Grand moment de solitude !

Il nous aurait fallu plus de moyens. On était une équipe soudée mais toute petite : Tomoko Kumada, notre secrétaire-traductrice qui a beaucoup transpiré et que je ne saurai jamais assez remercier, Bounthavy Sulivay, notre rédac-chef qui aurait pu frôler la rupture d'anévrisme tellement elle a bossé, Céline Antoine, chargée de l'aspect production mais qui a largement dépassé son périmètre, rien que pour nous aider, Jessica notre stagiaire en communication… N'oublions pas Luna Tick, la quatrième scénariste d'Akiba. Du côté des artistes, nos mangakas travaillaient seuls, sans assistants. Certains étaient pris par d'autres activités à côté, que ce soit graphiste, ou assistant de mangaka. Un de nos auteurs, Savan, faisait deux séries pour Akiba : Pandemonium ET Absynthe, ce qui est énorme. Bref, tout le monde s'est donné à fond mais il nous a manqué du temps et des moyens…

Je reste persuadé qu'un tel projet est viable, ce pont créatif entre France et Japon doit pouvoir fonctionner et, la preuve, tout cela nous a beaucoup servi pour bien réaliser JAPON, 1 AN APRÈS.


2) JAPON, 1 AN APRÈS [8 regards sur le drame]

  • Justement, comment ce projet est-il né ?
JAPON, 1 AN APRÈS [8 regards sur le drame]Glou : Je me suis aperçu qu'il n'y avait pas encore de projet manga sur le 11 mars. Il y a eu Magnitude 9 chez ANKAMA et certains projets américains, mais c'est tout. En provenance du Japon, c'était silence radio. Rien de ce qui a pu s'écrire là-bas sur le séisme n'était parvenu chez nous. Raphaël Pennes, le directeur éditorial de KAZÉ MANGA, est venu me voir, nous avons confronté nos idées. SHOGAKUKAN et SHUEISHA ont rapidement donné le feu vert, via la société VIZ media, propriétaire de KAZÉ MANGA, et j'ai immédiatement répercuté auprès de l'équipe.

Yasmine : C'est l'aspect humanitaire qui a dicté le projet. Grâce à Tomoko Kumada nous avions gardé le contact avec nos artistes, par exemple avec Katsura Takada, la dessinatrice de Terminus. Les Japonais ne sont généralement pas enclins à s'exprimer aisément sur les drames qu'ils vivent, par contre ils s'impliquent naturellement dans des projets concrets, notamment à caractère humanitaire. Certains auteurs se sont proposés d'eux-mêmes, avec des histoires qu'ils avaient entièrement conçues. Tomoko Kumada a fait aussi un travail de prospection sur place vers de nouveaux dessinateurs. Sur le plan artistique, ce livre est le fruit du travail de trois Français, tous les autres artistes sont Japonais.

Glou : Dans ce projet, on a eu beaucoup de retours et de propositions de collaboration, mais il fallait aller vite, tous n'étaient pas immédiatement disponibles, y compris contractuellement. En tant que directeur éditorial, c'est Raphaël Pennes qui a déterminé quelles histoires seraient retenues.

  • Immédiatement après le séisme et Fukushima, certains artistes japonais ont dit être incapables de s'exprimer sur ce sujet, tellement le choc était grand.
Planches de Dayhne Binatai : En Occident, on a l'habitude de s'exprimer à chaud sur ce qui se passe. Au Japon, c'est très différent. Ils intériorisent plus et, dans le même temps, ils agissent. Ils attendent d'avoir les informations pour s'exprimer dessus, ils y vont progressivement. Par exemple, les réactions des Japonais commencent à venir après la publication des différents rapports d'enquête, pas avant. Quant au côté émotionnel, ils le vivent d'abord en privé, ils le gardent, et ils en parlent après, s'ils en ressentent le besoin. Ce qui a fait que JAPON, 1 AN APRÈS paraisse aussi vite, c'est parce que l'impulsion vient d'étrangers. Nous aimons le Japon, mais nous sommes loin du Japon. Nous ne vivons pas les coupures d'électricité, les répliques de séisme, les menaces dues à la radioactivité. Nous sommes dans des conditions incomparablement plus confortables pour réfléchir à un projet éditorial et artistique. Nous, en France, avons d'emblée ramené la question à un débat franco-français sur le nucléaire, campagne électorale oblige, tandis qu'au Japon ils ont autre chose à faire, ils vivent avec ça. On n'est pas dans le même temps. Ils sont encore dans le temps du deuil, il faut leur laisser faire l'inventaire et l'analyse.

  • Les histoires de JAPON, 1 AN APRÈS sont dans le témoignage à hauteur d'homme, pas dans la contestation.
Glou, Yasmine et Dayhne Binatai - Japan Expo 2012Yasmine : Les mangakas sont des artistes et, d'une façon ou d'une autre, ils viendront à s'emparer du sujet. Mais de façon différente selon les cas. Un de nos dessinateurs a voulu raconter une chose très concrète, et très simple : le 11 mars, un meuble lui est tombé dessus et il a fini à l'hôpital. Il a tout dessiné. Il n'a pas estimé devoir en faire plus. C'est une réaction connue dans la création artistique. Par exemple, après la fin de la Seconde Guerre mondiale, certains écrivains ont créé la littérature objectale, s'attachant aux choses plutôt qu'aux gens, comme un déni de tout ce qu'on avait découvert à l'époque. Dans le 11 mars, il y a une catastrophe naturelle, puis une catastrophe nucléaire, donc causée par l'homme. Cette responsabilité, et les conséquences sur le long terme, restent difficiles à appréhender, c'est assez humain. Il y a aussi une crainte de ne pas être à la hauteur du traumatisme subi.

Glou : Lorsque certains amis, ou relations, sont venus du Japon en France après le 11 mars, nous leur avons proposé de rester un peu, se reposer, se soigner pour certains, mais tous ont répondu : « Non, je dois rentrer ». Si quelque chose de tel nous était arrivé, on serait probablement en train d'en parler sans arrêt. Eux, non. Au Japon, après le séisme, tout s'est déroulé dans le calme. C'est comme ça. Ils ont une notion de l'intérêt collectif et, d'un autre côté, une certaine autocensure. Ce n'est pas mieux, ni pire, c'est différent.

  • Quels sont vos propres souvenirs de la journée du 11 mars ?
Dayhne Binatai - Japan Expo 2012Dayhne Binatai : En plus de l’évènement lui-même, nous étions dans un contexte particulier. C'était en plein pendant l'aventure Akiba. J'étais tout le temps collé à mon portable, à mes mails, pour savoir ce qui se passait, comment ça allait pour nos artistes et nos amis. Ma première réaction, ce n'était pas de voir la catastrophe dans sa globalité, mais avant tout une préoccupation personnelle, vis-à-vis des cinq-six personnes là-bas avec qui j'étais en relation directe. Comment ils allaient, s'ils avaient besoin d'aide, ce que je pouvais faire à distance…

Yasmine : Pareil. Nous on se concentrait sur l'aspect personnel, et c'est eux qui ont assuré qu'ils allaient continuer leur travail. J'ai été très surprise de les voir revenir en France avec des planches, et même des cadeaux à notre attention. C'est idiot mais je me suis sentie très touchée… Le travail nous a aidés à mieux comprendre les évènements, à travers nos relations avec eux. Ils ont fait preuve d'un tact et d'une incroyable maîtrise d'eux-mêmes, et c'est presque plus eux qui se sont inquiétés pour nous, pour le projet, que le contraire. Pour certains, leur maison était cassée, ils n'avaient pas de nouvelles de certains de leurs proches, mais ils étaient désolés de l'impact que ça avait sur Akiba… J'ai ressenti un peu de honte en voyant ça, j'ai beaucoup appris là aussi.

Glou - Japan Expo 2012Glou : Vers huit heures du matin, j'avais une quinzaine de messages sur mon portable qui disaient tous d'allumer l'ordi et de regarder ce qui s'était passé… J'ai réagi en deux temps : d'abord la consternation, puis j'ai eu un déclic : « Mes auteurs ! » Le reste de la journée s'est passé au téléphone, à chercher à savoir qui était vivant, qui était blessé, où ils étaient. J'ai d'abord réussi à joindre Tomoko Kumada, qui réside à Utsunomiya, entre Tokyo et Fukushima. Elle m'a raconté que juste après le séisme, sa réaction a été de prendre son ordinateur portable pour fuir à l'abri, et préserver son travail. Tour à tour on a contacté les autres, le réseau téléphonique était la plupart du temps HS, donc on a communiqué par mail et par Facebook. L'un après l'autre, j'ai eu des nouvelles et, avec Bounthavy, on a publié sur le site web : « Untel est vivant et en bonne santé », « Untel est vivant mais blessé ». Celui qui s'est pris un meuble dessus a profité d'être immobilisé pour dessiner ses planches ! Mademoiselle Shino, dessinatrice d'Agents Suicides, elle, était sans nouvelles de ses parents qui étaient dans une zone coupée du reste du pays. Pas de ligne téléphonique, pas de route ni de rails pour y aller, alors elle a décidé de rester chez elle et de dessiner, voilà. À ce stade, nous nous disions : « Bon, ben Akiba c'est fini, ce n'est plus la priorité ». Mais finalement, ce sont les mangakas eux-mêmes qui nous ont assuré que si, le travail allait continuer.

  • JAPON, 1 AN APRÈS est le second projet collaboratif que vous menez, y en aura-t-il d'autres ?
Glou - Japan Expo 2012Glou : Oui, plusieurs projets en France, et dans d'autres pays. On regarde en dehors de la France pour des raisons d'organisation et d'opportunité. Disons que certains pays regardent ce qui se passe en France côté manga. Je ne peux pas en dire beaucoup plus pour le moment !


Remerciements chaleureux à Glou, Yasmine et Dayhne Binatai. À noter que cette interview a également été filmée pour le compte de KZTV.
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