Mamoru Yokota
Article Mamoru Yokota - Interview
Article rédigé par Ramza le 15 Octobre 2011 (dernière modification le 16 Octobre 2011)
L'invité d'honneur japanime du dernier Paris Manga, Mamoru Yokota, n'a pas pour habitude d'être mis en avant. Alors qu'il a participé à des projets comme Death Note, Air, Kanon, l'homme est accessible, humble et plutôt timide, préférant mobiliser les gens dans l'ombre que de se voir mis devant les projecteurs.
Mais Mamoru Yokata est aussi un curieux et un engagé. Sa venue à la douzième édition du festival lui a permis de voir ce que sont devenues - à l'autre bout du monde - les œuvres où il s'est investi, tout en récoltant au passage des fonds pour venir en aide aux Japonais dans le besoin.
Ces occasions furent aussi une chance pour nous, car nous avons pu aller à la rencontre d'un homme talentueux et généreux, aussi bien passionné par son travail que par ses pairs...
- Bonjour monsieur Yokota. À quand remonte votre passion pour l’animation ?
- Vous êtes désormais connu et reconnu pour vos différents travaux. Mais revenons un peu en arrière : comment avez-vous débuté ?
J’ai commencé par dessiner des choses pour les américains et les japonais, pour Transformers ou Samurai Troopers (ndr : les Samouraïs de l’Éternel chez nous, cf la dédicace ci-contre, réalisée pour un fan américain). Quand j’ai fini ce travail, je me suis demandé pour quelle société d’animation japonaise je pouvais travailler, vu qu’il y en a énormément… J’ai donc commencé à chercher, mes travaux précédents me facilitant la tache.- Vous êtes connu en France et en Europe pour votre travail sur Death Note… Quel souvenir gardez-vous de ce projet ?
L’interprète nous explique alors que monsieur Yokota donne régulièrement des coups de main sur différents projets et qu’il porte souvent différentes casquettes pour venir généreusement en aide sur des animes aux staffs surchargés de travail… Ce qui permet à Mamoru Yokota d’expliquer son rôle sur la série :
À la base je suis animateur. Je suis devenu art director car on avait besoin de moi pour ça et que j’aidais à droite à gauche. Mais je suis et je reste surtout un animateur. C’est pour ça que je suis toujours très gêné quand on me demande de dédicacer des mangas ou des DVD de Death Note ou d’autres séries, car je n’ai fait qu’apporter une modeste contribution et je ne suis pas l’auteur de ces œuvres…- Vous avez travaillé sur des adaptations de manga mais que préférez-vous : les adaptations ou les créations originales ?
- Vous avez travaillé à différents postes dans l’animation… Quel est votre poste préféré ?
J’aime bien être producteur et rassembler les gens pour travailler sur un projet. J’aime cette réunion d’artistes. Cependant j’apprécie également la réalisation d’illustrations et le travail d’animateur, c’est vraiment quelque chose que j’adore.J’aime également voir ce que devient et comment vit un projet une fois qu’il est achevé, comme lorsque je viens ici en France et que je peux rencontrer les fans des séries auxquelles j’ai participé.
En fait je pense que je ne préfère pas un poste en particulier, j’aime vraiment être polyvalent. Le travail sur les illustrations est un travail très plaisant mais plus solitaire, plus long. Donc j’apprécie quand je peux réaliser des travaux en équipe.
- Vous avez travaillé pour différents studios… Est-ce qu’il y a de vraies différences d’un studio à un autre ? Est-ce qu’il y en a un qui vous a marqué particulièrement ?
Comme j’ai commencé à travailler avec Tezuka Studio et avec la Toei ces derniers m’ont logiquement marqué… Mais, plus globalement, même si les studios sont différents, c’est surtout la longueur de la série qui compte. Ce n’est pas la même chose de faire une illustration sur un projet que de venir travailler presque tous les jours sur une série de la longueur de One Piece par exemple.
Après, forcément, plus le studio vous paye généreusement, mieux c’est ! (Rires)
- Est-ce qu’il y a un message que vous souhaitez faire passer dans vos travaux ?
L’interprète nous explique que monsieur Yokota s’est beaucoup mobilisé pour le Japon suite aux évènements du 11 mars (cf dédicace de Shingo Araki ci-contre, pour l'occasion). C’est notamment lui qui a organisé, la veille, la mise aux enchères de plusieurs dessins d’artistes japonais afin de récolter des fonds pour la Croix Rouge japonaise. Notre interviewé enchaîne :"Mamoru" signifie protéger en Japonais. C’est un peu ça mon message.
J’aimerai également ajouter un autre message : en venant à Paris Manga je ne m’attendais pas à rencontrer autant de fans d’animation, qui me connaissent en plus ! Je ne m’attendais pas à une telle réunion. Je suis assez surpris qu’il y ait autant de monde, qu’il y ait autant de fans qui parlent japonais. Ça me touche beaucoup, merci à tous !
- Merci à vous monsieur Yokota!
Mamoru Yokota accepte ensuite de réaliser une dédicace pour Total Manga.
Il nous explique que le personnage qu’il dessine est une création originale. Nous discutons également de la séance d’enchères de la veille, dont le résultat le ravi et pour lequel il remercie, une fois de plus, tous les participants. Nous apprenons enfin que parmi les grands personnages de l’animation, il est un grand fan de monsieur Shingo Araki, l’un des invités du salon. Détail amusant à ce propos : c’est dans l’avion qui le menait en France qu’il a pu le croiser et faire sa connaissance, par le plus grand des hasards... Décidément, il a bien fait de venir !
Merci à Mamoru Yokota pour son temps, sa simplicité et sa gentillesse. Merci également à Emmanuel Bochew pour la mise en place de l’interview et à Justine Pollet pour son travail d’interprète.
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