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nobi nobi !


Article nobi nobi ! - Interview de Pierre-Alain Dufour

Article rédigé par Ramza le 08 Décembre 2011 (dernière modification le 05 Mars 2012)
Pierre-Alain Dufour et Olivier Pacciani, fondateurs de nobi nobi !Dans le monde du manga, les enfants ont la cote en ce moment ! Depuis plus d'un an de nombreux éditeurs cherchent à séduire les jeunes adolescents (Pokémon et Inazuma Eleven chez Kurokawa, des collections Kids chez Kazé Manga et Glénat).

Mais le créneau des touts-petits est resté inoccupé pendant longtemps… Jusqu'en mars 2010, date de lancement d'un nouvel éditeur : nobi nobi !, spécialisé dans les contes illustrés et histoires pour petits et grands.

À l'origine de ce projet il y a deux hommes : Pierre-Alain Dufour, ancien responsable Japan Expo - et frère de Jean-François, l'un des fondateurs de l'évènement - puis responsable de la communication chez Taifu Comics, une maison d'édition où il rencontre son futur partenaire, Olivier Pacciani, qui y travaille comme graphiste et directeur artistique.

Après deux ans et demi de réflexion, les deux hommes se lancent et fondent nobi nobi !, qui compte aujourd'hui plus d'un an et demi d'existence et de nombreux succès. L'occasion de faire un premier bilan avec Pierre-Alain Dufour, sur le fonctionnement de cet éditeur situé entre la littérature jeunesse et le manga.

Naissance d'une maison d'édition, importance des salons, catalogue hybride et public varié… Voici un fragment de ce qui vous attend dans cette longue et enrichissante interview. Bonne lecture !


nobi nobi ! : réussite d'un catalogue pas comme les autres

  • Bonjour Pierre Alain… En mars 2010 vous sortez vos premiers titres, PRINCESSE PIVOINE et PAPA RENARD EN CROQUE POUR LES COCHONS. Nous voilà un an et demi plus tard, avec la sortie du 11e titre, LES COULEURS DE BIBLO… Et un bilan plutôt positif car certains de vos titres ont dépassé les 2000 exemplaires vendus, ce qui constitue une belle performance pour un éditeur naissant ! Comment expliquez-vous votre succès ?
Papa Renard en croque pour les cochonsEn fait, en sortant nos premiers titres on voulait essayer plusieurs pistes. On a sorti PAPA RENARD EN CROQUE POUR LES COCHONS pour des lecteurs à partir de 3 ans, dans un style graphique assez épuré et caricatural, et PPRINCESSE PIVOINE pour un public à partir de 6 ans, dans un style très inspiré par le manga. Puis on a sorti une série Hors Collection dont le style graphique change d’une histoire à l’autre.

On a donc des titres qui ne vont pas toucher les mêmes audiences, les mêmes lecteurs. On peut avoir un livre qui va très bien marcher en bibliothèque, un autre qui va très bien se vendre en librairie manga et un troisième en librairie jeunesse. On a essayé de trouver le meilleur de ce qu’on voyait et de toucher plusieurs types de lectorats. Peut-être que ça vient de là…

On a aussi travaillé pendant deux ans sur cette ligne éditoriale avant de se lancer, que ce soit sur ce qu’on voulait en termes d’image ou de texte. J’espère que c’est aussi ça qui paye aujourd’hui.


  • Votre rythme de parution reste assez modéré, environ deux titres par trimestre, surtout si on le compare aux autres éditeurs mangas. Est-ce que vous voulez l’intensifier ou le conserver ?
Les 11 titres de nobi nobi !C’est surtout que nous ne sommes pas un éditeur de mangas. (Rires)

Mais cela est lié à plusieurs choses.

Déjà, c’est un rythme qui n’est pas choquant en littérature jeunesse, voire même l’inverse. Lorsqu’on a annoncé une cadence de huit titres par an à notre diffuseur alors que nous étions débutants, on a vu que c’était beaucoup. Il faut savoir que la moyenne c’est plutôt cinq titres par an pour un petit éditeur, car c’est un milieu très chargé en sorties.

Nous, on venait du milieu du manga et on était plutôt habitués à huit titres par mois que huit titres par an, donc on a dû s’adapter à cette cadence.

C’est aussi une question de temps, car il en faut beaucoup pour trouver les illustrateurs, les auteurs, pour négocier les licences quand on n’est pas ou peu connu, pour le travail de création lui-même. De plus, Olivier Pacciani qui est mon associé a un autre travail à côté, et moi je ne suis à plein temps sur nobi nobi ! que depuis très récemment, donc ce n’est pas évident de tout gérer en même temps.

Cela dit sur 2012, on prévoit environ huit livres, mais plutôt que de publier deux titres tous les trois mois on va essayer de se caler sur un titre par mois, pour un rythme plus soutenu.


  • Des éditeurs comme Ki-oon expliquaient qu’à leurs débuts ils se sont aperçus qu’il fallait être régulièrement présent pour ne pas être oublié…
On n’a pas eu de retour direct là-dessus, je ne sais pas si ça a eu un impact. Mais on va effectivement essayer d’être présents plus régulièrement, et voir si ça change quelque chose.

C’est vrai qu’en discutant de ça autour de nous avec d’autres éditeurs ou des libraires, c’est ce qui ressort.


  • Votre catalogue se divise en collections, certaines se rapprochant du livre pour enfants classique et d’autres sont plus proches du manga… Quel est votre public finalement ?
Tamago, la mascotte de nobi nobi !Le public est assez différent selon les collections.

Sur la collection 1,2,3 Soleil pour les 3-5 ans (TAMAGO ; CHIC, DES BONBONS MAGIQUES…), nous souhaitons faire découvrir des auteurs très célèbres au Japon mais qui n’ont jamais été publiés en France.

Ces livres sont plus classiques dans leur proposition, avec des histoires de renard et de cochons que l’on trouve déjà en jeunesse en France mais qui, par la force du graphisme et l’approche qu’ont les auteurs japonais, se trouvent être originaux et innovants.

Donc ça ne touche pas que le public qui aime le Japon mais aussi celui qui cherche un ouvrage intéressant à partager avec ses enfants.

C’est un public différent pour la collection Soleil Flottant (KAGUYA, PRINCESSE AU CLAIR DE LUNE ; LE SECRET DE LA GRUE BLANCHE…), destinée à des plus grands à partir de 6 ans. Mais on a pu constater que le graphisme influencé par le manga draine plusieurs publics.

Il y a les parents qui achètent pour leurs enfants, que l’on rencontre dans les salons mangas et qui sont passionnés par le Japon. Mais il y a aussi des jeunes adultes, vers 20-25 ans et sans enfants, qui voient des beaux livres et un moyen de découvrir la culture japonaise, puisqu’à chaque fois on rajoute une petite postface, un SHIRO ET LES FLAMMES D'ARC-EN-CIELpetit lexique qui permet d’expliquer les références de chaque histoire.

Autant 1,2,3 Soleil a un public très défini, autant Soleil Flottant touche tous les âges. Enfin pour la série Hors Collection (1000 VENTS, 1000 VIOLONCELLES ; SHIRO ET LES FLAMMES D'ARC-EN-CIEL), on ne peut pas vraiment définir un nouveau public puisque ce sont des titres choisis par coup de cœur.


  • Puisque l’on parle de collection, peut-on en attendre une nouvelle pour 2012 ?
Pour 2012, il n’y aura pas de nouvelle collection… Mais on y réfléchit de plus en plus. En fait il nous faut plusieurs titres qui soient cohérents pour la créer. Peut-être en 2013…


  • Vous expliquez que vous désirez offrir à la première génération des fans de mangas la possibilité de faire découvrir ces lectures à leurs enfants… Mais parvenez-vous également à séduire le public enfants-parents néophytes ?
Princesse PivoineLes contes parlent à tout le monde, c’est quelque chose d’assez universel. Néanmoins la collection Soleil Flottant se distingue par ses graphismes et on peut avoir des réactions assez variables.

Certains vont trouver ça révolutionnaire pour de la Jeunesse alors que d’autres considéreront ça dans la lignée de ce qui marche actuellement.

Même s’il s’agit de contes japonais, la partie « Japon » n’est pas imposante… On évite de mettre trop de termes japonais et, si on en met, on les explique. Le but n’est pas de forcer le trait et de « faire japonais » à tout prix.

Donc, au final, la différence est minime et on touche tout le public jeunesse… C’est d’ailleurs la collection Soleil Flottant, avec ce type d’influence, qui fait le plus parler d’elle dans l’édition jeunesse.


  • L’un des grands fers de lance des éditeurs de mangas en 2011 a été de recruter des nouveaux lecteurs, notamment chez les jeunes ados et pré-ados, avec Pokémon, Beyblade et d’autres… Est-ce que c’est quelque chose que vous envisagez ?
C’est vrai que c’est assez curieux, parce lorsqu’on a lancé nobi nobi ! on a vu partout autour de nous des éditeurs se mettre à des titres jeunesse… Comme Glénat qui a sorti une collection d’albums illustrés, mais sans forcément persévérer.

Mais c’est vrai que les titres comme Pokémon concernent un public juste au-dessus de nous, à partir de dix ans.Les doubles planches si chères aux éditeurs de nobi nobi!

Cette évolution pourrait donc sembler logique pour nous, mais pour l’instant on n’y a pas encore réfléchi. On a tellement de titres et de projets en albums illustrés ! En plus Olivier et moi sommes graphistes et très attachés à la couleur, aux grandes illustrations double page… Donc revenir à du noir et blanc plus petit… On aurait un peu de mal. (Rires)


  • Même si c’est difficile d’analyser avec seulement un an et demi d’expérience, est-ce que votre public se destine au manga en grandissant ou s’oriente-t-il vers autre chose ?
Difficile effectivement de le dire avec si peu de recul et d’expérience.

On a travaillé pour que nos livres plaisent autant aux parents qu’aux enfants. Après, l’enfant se construit sa culture comme il le souhaite, qu’il lise des mangas ou pas ce n’est pas notre objectif, on veut juste qu’il puisse élargir sa culture et ne pas se contenter que du Petit Chaperon Rouge par exemple.


  • Quand vous vous lancez vers le marché du livre jeunesse, vous dites que vous découvrez un marché complètement différent… On a envie de vous demander quelles sont ces différences et quelles sont les particularités de ce marché du livre pour enfants ?
La plus grosse différence, c’est que la personne qui achète n’est pas directement celle qui lit le livre, car ce sont à 90% des parents qui achètent pour leurs enfants. C’est pour ça qu’on souhaite que nos livres plaisent autant aux deux.

Ensuite en 2007, au début de notre projet, il y avait une dizaine d’éditeurs de mangas contre plus de 200 pour le marché jeunesse. Le marché jeunesse est mature, contrairement à celui du manga, avec des grosses machines type Hachette, Milan, Bayard qui peuvent vous écraser facilement.

C’est aussi pour ça qu’on a cherché à exploiter un marché de niche entre littérature jeunesse et Japon, pour se démarquer et être différents.


  • Avec votre positionnement original entre manga et jeunesse, comment cela se passe avec les libraires ? C’est un atout ou un handicap ?
Ça reste encore un peu compliqué d’expliquer notre placement en librairie. Aujourd’hui, on travaille avec plusieurs diffuseurs. Notre diffuseur principal diffuse essentiellement en libraire jeunesse mais aussi dans les Fnac, Virgin, etc. Nous en avons un autre pour les librairies spécialisées mangas.

Les couleurs de Bilo, le dernier né de la collection 1,2,3 SoleilIl n’y a pas de problème particulier en librairie jeunesse, mais c’est plus difficile en librairie mangas. Je pense que ces libraires étaient un peu en position d’attente, pour voir ce qu’on allait proposer. Tous les titres ne parlent pas à ces libraires, comme la collection 1,2,3 Soleil par exemple…

Mais de toute façon ce n’est pas le public mangas que l’on vise avec cette collection, donc ça importe peu. Par contre, les albums Soleil Flottant commencent à apparaître petit à petit sur les rayonnages des librairies mangas.

Après c’est aussi un bête souci logistique : le format de nos livres fait qu’ils ne rentrent pas forcément dans les présentoirs prévus pour des mangas, alors ce n’est pas évident de les mettre en avant. Néanmoins les libraires manga qui ont essayé nos livres en sont assez satisfaits et on espère que c’est quelque chose qu’on va pouvoir développer prochainement.


  • D’ailleurs vous n’êtes pas qu’en librairies mais aussi en bibliothèques… Est-ce que vous avez tendance à éviter le terme manga quand vous présentez vos collections ou est-ce qu’au contraire c’est un argument de diffusion ?
On ne présente pas nous-mêmes nos titres, on sous-traite à un diffuseur qui s’occupe des bibliothèques. Cela dit, le terme « manga » ne choque plus trop en bibliothèque aujourd’hui.

La série qui y marche le mieux, c’est TAMAGO. Je pense que c’est une autre approche, ils cherchent des ouvrages plus didactiques où les enfants vont réfléchir sur une idée, un thème bien précis. C’est encore un autre public.


  • Lors d’une interview avec votre auteure Céline Lavignette-Ammoun, elle nous expliquait qu’il y a une image persistante de sous-littérature pour la littérature jeunesse. Est-ce que le succès récent de ces albums illustrés fait évoluer les mentalités ?
nobi nobi ! fut l'un des lauréats du concours régional de la création d'entreprise Ile-de-France de la Banque Populaire.Nous l’espérons ! Déjà, on appelle ça littérature jeunesse, ce qui sous-entend que ça ne se destine qu’aux enfants, alors qu’Olivier et moi par exemple on a découvert ça il y a quelques années. Aujourd’hui je n’ai pas d’enfants mais ça ne m’empêche pas d’être toujours passionné par cette littérature.

Ça a un coté « réservé aux enfants », comme si un adulte ne pourrait rien retirer de ce genre de lecture… Cette année il y a eu quelques discussions et tours de table autour du fait que la littérature jeunesse passe derrière les autres, mais l’équité entre cette littérature et les autres n’est acquise que pour ceux qui s’intéressent et travaillent dans ce milieu.

Ce n’est pas encore le cas pour le grand public, mais on espère que ça va changer.


  • Et puisque l’on parle de mentalités, quel accueil de la presse pour ce mix entre littérature pour enfants et manga ?
Les premiers retours ont vraiment été très positifs, on a été ravis de l’accueil qu’on a reçu. Globalement les journalistes ont tout de suite compris nos intentions, ce qu’on voulait faire. Ils ont aussi repéré le travail réalisé derrière, sur notre ligne éditoriale. En fait, on n’a pas encore eu de retours vraiment négatifs sur nos livres.

La perception du côté "manga" est un peu en fonction du milieu. Un journaliste mangas va identifier le rapport avec le Japon, et d’autres journalistes généralistes prendront le livre comme un autre, le côté Japon ce sera en bonus. Ils s’intéressent d’abord à la qualité générale du livre.


Auteurs et salons : l'implication des débuts

  • Venons-en à votre travail d’éditeur. Première question : pourquoi des scénaristes français lors de titres faits en duo ?
La réflexion est venue car nous avons travaillé sur une base de conte traditionnel. Le texte brut de ces derniers n’est pas forcément adapté pour les enfants. De plus un conte japonais peut avoir plusieurs versions, donc on a voulu synthétiser toutes les idées du conte, prendre le meilleur de chaque version.

Tout ce travail important ne se résume pas à de la simple traduction, donc on a choisi des auteurs jeunesse français qui ont déjà de l’expérience et qui connaissent bien l’écriture jeunesse.
Nancy Zhang, illustratrice de l'OISEAU ROUGE
Sur l’illustration, ce qu’on recherchait on l’a trouvé à l’étranger. Tout d’abord avec Ein Lee (PRINCESSE PIVOINE) à Taïwan et Nancy Zhang (L’OISEAU ROUGE) en Chine. Depuis, il y a aussi Shiitake (KAGUYA), qui a amorcé ce qu’on aimerait développer : travailler de plus en plus avec des auteurs japonais, car c’est un style graphique qu’on ne trouve pas vraiment en France.


  • Que ce soit Céline sur L’OISEAU ROUGE ou Alice sur KAGUYA, vous êtes les intermédiaires entre le scénariste et l’illustrateur, et vos auteurs expliquent d’ailleurs qu’ils ne se rencontrent pour une première fois que sur les salons français. Quel est votre rôle dans ce trio scénariste-éditeur-illustrateur ?
On a été très présents sur les premiers livres, car on avait une idée bien précise de ce qu’on recherchait. On voulait vraiment être certains que les projets se développeraient dans la direction qu’on avait prévue.

Sur les premiers albums, le travail était assez nouveau et les auteurs ne parlaient pas forcément anglais, tout comme les Japonais avec qui on travaille actuellement. On souhaitait également guider les illustrateurs étrangers sur la façon de construire leurs images pour des livres illustrés.

D’ailleurs on est surtout présents auprès des illustrateurs, car on doit leur expliquer des choses qu’ils n’ont pas forcément l’habitude de faire comme laisser de la place pour le texte dans l’image, bien répartir les éléments importants sur la page… Avec les auteurs des textes, c’est plus simple.

On a été très présents sur la construction des premiers albums, pour donner une vraie identité aux collections, mais notre souhait est maintenant d’essayer de s’effacer de plus en plus sur la conception, à l’avenir.

Sur 2012 on a l’intention de mettre les auteurs et les illustrateurs en relation via un interprète. Maintenant qu’on a des œuvres publiées, on peut les leur envoyer pour leur montrer ce qu’on attend comme produit fini. C’est plus simple qu’avant, où il fallait essayer d’expliquer ce qu’on voulait sans support, sans exemple.


  • Dernière partie : les salons, où vous êtes de plus en plus présents… Pourquoi, d’ailleurs ? C’est ton frère qui t’a donné le virus ? (NDLR : Pierre-Alain Dufour est le frère de Jean-François Dufour, le président de Japan Expo)
nobi nobi ! sur Japan Expo CentreLe virus est dans la famille, oui ! (Rires)

J’avais amorcé avec mon frère et un ami, Stanislas Samuel, la création de l’association S.D.F.C puis J.A.De, qui a ensuite créé la Japan Expo, et je m’occupais de l’évènementiel quand le salon était encore au CNIT. Donc je suis dedans depuis toujours…

Jusqu’à septembre dernier j’avais un autre métier, donc c’était difficile d’être présent dans plus de salons; Mais depuis, on essaye d’y être de plus en plus et d’en faire un maximum pour rencontrer notre public.

Un jeune éditeur comme nous est facilement balayé dans les librairies par les gros éditeurs, donc il faut qu’on ait une présence par ailleurs et les salons sont aussi une possibilité d’expliquer ce que l’on fait… Avec onze titres maintenant, c’est plus clair.


  • Sans parler de somme exacte puisque cela varie d’un salon à un autre, quelle est votre part de budget salon dans l’année ?
Il est donc encore un peu tôt pour dire quelle part de notre budget ça va représenter, mais il est sur que ce sera une bonne part de notre budget communication sur 2012.

Comme vous le disiez, les prix des stands varient énormément d’un salon à l’autre. Dernièrement nous étions à un petit salon à Ozoir-la-Ferrière qui était gratuit, et on va essayer de faire le Salon du Livre de Paris qui est très très loin d’être gratuit. (Rires)

Globalement, l’idée c’est de se dire que c’est une opération de communication. Certains salons ne seront pas rentables à cause du déplacement et des frais d’hébergement, mais il y a cette volonté de rencontrer aussi bien le public que les libraires, les bibliothécaires…


  • Quel genre de phrase revient le plus souvent en salon ?
logo nobi nobi !« C’est trop beau ! » (Rires)

C’est amusant, la plupart des gens qui s’arrêtent sur le stand disent ça. (Rires)

KAGUYA marche très bien sur ce point, par exemple. Sur nos stands on a des grandes bâches derrière avec les couvertures des livres, les gens s’arrêtent sur ça en disant que c’est magnifique, prennent des photos, etc.

Ça nous fait vraiment très plaisir, et nous conforte dans nos choix.


  • Le fait de voir et d’échanger avec le public, est-ce que ça peut vous donner à réfléchir sur votre façon de travailler, voire la réorienter ?
Oui complètement, c’est ça aussi qui est intéressant, on a un retour direct du public. On va en salon pour présenter nos albums et ainsi on repère les points forts et les points faibles de chacun. Et on part de ça pour s’améliorer par la suite.


  • Vous qui passez des salons mangas aux salons jeunesse, où va votre préférence ?
« Préférence », c’est un bien grand mot, mais disons qu’on est plus à l’aise dans le milieu mangas d’où on est issus, et qu’on connaît le mieux. Dans les salons mangas on est un peu comme des poissons dans l’eau. Alors qu’on est plutôt en phase « découverte » sur les salons jeunesse.

Mais c’est vraiment très enrichissant, et surtout c’est là qu’on rencontre nos tout premiers petits fans : voir une petite fille s’émerveiller devant KAGUYA ou PRINCESSE PIVOINE, c’est juste craquant !


  • On allait vous demander une anecdote de salon mais récemment vous avez mis en ligne sur votre Facebook une photo d’Olivier avec Véronique Genest / Julie Lescaut… On veut en savoir plus, c’est quoi cette histoire ?!
Olivier, chasseur de star !(Rires)

En fait je l’ai découvert en même temps que vous, car mon petit cachotier d’associé ne me l’avait pas dit.

L’anecdote, c’est qu’elle était invitée au salon du livre d’Ozoir-la-Ferrière, et il s’était mis comme défi de ne pas repartir sans une photo de Julie Lescaut avec notre livre… Pari réussi ! (Rires)


  • Allez, nous voici à la fin de l’interview… Qu’est-ce qui nous attend chez nobi nobi ! après LES COULEURS DE BIBLO ?
Couverture originale japonaise de LA MAISON EN PETITS CUBES, de Kunio Katō et Kenya Hirata, qui sortira en mars 2012 chez nobi nobi !Le prochain titre prévu nous tient beaucoup à cœur. Il s’agit de La maison en petits cubes prévu pour mars en Hors Collection. Cet album illustré est tiré du court-métrage homonyme de Kunio Katō, qui a reçu l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation en 2009, rien que ça.

L’album est illustré par Kunio Katō lui-même et est relativement complémentaire du court-métrage où il n’y avait pas de paroles… Il va même un peu plus loin. C’est beau et touchant, une histoire universelle.

C’est notre gros coup de cœur de début d’année prochaine.

Pour les autres titres, les contrats ne sont pas encore signés mais plusieurs titres arrivent dans la collection Soleil Flottant avec de nouveaux illustrateurs, notamment japonais. Le tout sortira avant ou aux alentours de la Japan Expo.


  • Et nous avons cru comprendre que votre site web, c’est pour bientôt ?
On travaille dessus depuis un an, mais malheureusement il passait toujours un peu en second plan à cause de tout un tas d’autres urgences à gérer en permanence.

Mais ça y est, c’est en bonne voie : il sera en ligne d’ici quelques petites semaines !

  • Merci Pierre-Alain !

Remerciements à Pierre-Alain Dufour pour son temps et ses explications riches en informations.
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