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Régis Monterrin (Manga)


Article Régis Monterrin (Manga) - Interview

Article rédigé par Gorkab Nitrix le 09 Mai 2012 (dernière modification le 11 Mai 2012)
Régis (alias Manga) est l'un des auteurs de l'ouvrage l'Histoire de Sonic, paru chez Pix'n Love fin avril 2012. Nous l'avons interrogé sur ce qui s'apparente au projet le plus ambitieux de la petite maison d'édition depuis sa création…

  • Salut mister, est-ce que tu peux te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Régis Monterrin, posant avec les deux version de l'Histoire de SonicJe m’appelle Régis Monterrin, j’ai 31 ans et je vis dans le Morbihan. J’ai commencé à bosser dans le milieu du jeu vidéo en 2004 avec le magazine GameFan sur des tests rétro. Après ça, j'ai pigé pour FJM dans des canards comme Consoles News, des hors-séries ou encore Gameplay 128. Ensuite, FJM a mis la clé sous la porte en septembre 2006. Quelques mois plus tard, j'ai été appelé pour collaborer à RPG Online et Gameplay RPG et cette aventure a duré deux ans. En 2007, j’ai rencontré des anciens de GameFan, Florent Gorges et Marc Pétronille notamment, qui travaillaient alors sur le projet Pix’n Love, auquel j’ai participé à partir du numéro 5 avec le dossier NiGHTS into Dreams sur Saturn. Désormais, je travaille sur plusieurs supports et j'aime bien ce côté freelance, bosser dans l'ombre.

  • Comment a germé l’idée d’écrire L’Histoire de Sonic ?

L'Histoire de MarioSi Alzheimer ne me guette pas, c’est William Audureau, l’auteur de l’Histoire de Mario notamment, qui m’a contacté fin d'été/début septembre 2009 pour me parler d’un nouveau projet de collection qu’il envisageait de sortir aux éditions Pix’n Love. Le projet s’appelait « Qui es-tu ? » et se présentait sous forme d’ouvrages focalisés sur un seul protagoniste : Ryu, Lara Croft, Link, Sonic, etc. Au début, mon but était de créer un historique de Sonic, avec les coulisses de sa création et son évolution à travers les jeux. On a fait des maquettes, des ébauches mais le temps avançant – on était à la mi 2010 – Pix’n Love a voulu faire un gros bouquin pour fêter les vingt ans de la mascotte en juin 2011. Dans l'optique d'en faire un ouvrage officiel, des pourparlers ont été entamés avec SEGA France et l'ouvrage est passé sous licence. Forcément, je ne pouvais pas rester tout seul pour écrire autant de pages et j’ai donc été rejoint par des gars hyper calés dans l’univers du hérisson. C’est devenu un travail d’équipe. A la fin de l'écriture de chaque chapitre, j’envoyais mes textes à William qui se chargeait de tout coordonner. Ensuite, des suppléments ont été apportés, notamment par Benjamin Peray, mais aussi par Marc Pétronille, Florent Gorges, Corentin Lamy, Douglas Alves et Kevin Feuillois, alias le Docteur Lakav. Au total, l’aventure aura duré environ deux ans et demi, voire presque trois puisque le livre est sorti fin avril.
Exemple de coquille : La boite Happy Meal arbore le design de Sonic Adventure... en 1995 ?!
  • Et malgré tout cela, il subsiste encore quelques coquilles !

En fait, avec une telle durée d’écriture, ce qui se passe, c’est que tu manques forcément de recul. Pour moi, aucun ouvrage n’est infaillible et l’humain encore moins (rires) !

  • L’Histoire de Sonic est le premier ouvrage de Pix’n Love a recevoir le sigle officiel d’un éditeur, SEGA. Pourquoi était-ce si important d’obtenir cette distinction ?

La page 24 de l'Histoire de Sonic, avec les premiers croquis de Naoto OshimaJe n'ai pas participé aux négociations, mais je pense que c'était intéressant pour SEGA d'offrir à sa mascotte un bel ouvrage pour marquer ses 20 ans. Pour Pix’n Love, c’était aussi l’occasion de grimper d’un échelon et d’ouvrir plus de portes pour la suite, car oui c’est le premier bouquin officiel et ce n'est certainement pas le dernier. L’apport de SEGA a été très bénéfique : certaines interviews, certains documents n’auraient pas pu être obtenus sans eux. Cependant, alors que les maquettistes s’attendaient à un florilège d’artworks en tout genre, il faut savoir que le FTP de SEGA ne comporte que des images de jeux Sonic récents. Et dans un ouvrage qui retrace tout la carrière d’une mascotte, on a surtout besoin de documents très anciens. Il a donc fallu faire tout un travail de restauration et ce qui a été fait sur la maquette est juste stupéfiant, de mon point de vue de simple rédacteur. Les maquettistes sont de véritables artistes !

  • C'est vrai ! Rien qu’à voir les captures de Sonic The Fighters, c’est assez impressionnant !
Sonic The Fighters : Fang VS Knuckles
Oui, et pour être honnête, merci à l'émulation qui nous permet d'obtenir de beaux screenshots ! Mais le plus bluffant, c’est ce qui a été fait pour restaurer les premières ébauches, les tout premiers dessins avec le lapin, le loup, le bouledogue, qui étaient dans un état absolument lamentable. Je ne sais pas comment ça a été fait, mais le résultat est épatant !

  • Les précommandes, qu’il s'agisse du collector ou de l’édition normale, ont été un franc succès. Et pourtant, on a vu apparaître çà et là des critiques sur le prix ou encore sur le nombre de pages de l’ouvrage. Pourquoi un tel décalage selon toi ?

Un aperçu du nombre de pages écrites pour l'ouvrageC’est de bonne guerre. Le lecteur va voir le produit fini en premier, et se foutre complètement de ce qu’il y a eu avant. En tant qu’auteur, je trouve que c’est un peu dommage parce que derrière, il y a eu un processus hyper long, entre la traduction complète du livre en anglais, puis les validations qui ont dû partir à SEGA Japan, SEGA of America puis SEGA Europe avant de retourner à SEGA Japan… mais le lecteur s’en fiche : il bouquine et les plus assidus vont certainement débusquer des petites erreurs. Après, même en étant fan de SEGA, je pense qu’on en apprend énormément même si ça reste « grand public ». Concernant le décalage, chacun est dans son camp, chacun se défend comme il peut et puis voilà. Il faut trouver une cohérence entre le plaisir du lecteur et la pérennité de l’éditeur : est-ce plus intéressant d’avoir un énorme bouquin de 700 pages qui pèse 3 kilos ? Pour la lecture, je n'en suis pas convaincu. C’est un choix.

  • SEGA ne possède apparemment pas beaucoup d’archives sur sa mascotte, mis à part sur les épisodes les plus récents de la saga. Du coup, est-ce que tu ne te sentais pas un peu comme une sorte d’Indiana Jones quand tu écrivais L’Histoire de Sonic ?

La collection Sonic Mega Drive / Mega CDÉvidemment, c’est des tonnes de recherches sur Internet mais cela n’a pas été ma seule source. J’ai la chance de travailler pour Pix’n Love depuis plusieurs années maintenant, et d’être en contact avec plusieurs développeurs dont d’anciens de STI (Sega Technical Institute) aux États-Unis. Grâce à eux, j’ai pu obtenir beaucoup d’informations sur le développement d’un jeu, Sonic 2, ce qui n’est pas rien. Et forcément, puisqu’ils étaient dirigés par Yuji Naka, ils ont pu apprendre des petites choses sur le développement du premier opus au Japon. Des éléments que j’ai pu récupérer, il y en a un qui me fait toujours bien marrer : on dit souvent que les idées germent bien avant que le produit final ne sorte, et bien figure-toi que Billy Hatcher, sorti sur GameCube en 2003, était un concept auquel Yuji Naka pensait déjà dans les locaux de STI en 1992 (rires) ! Bien sûr, il faut faire le tri, il y a des erreurs dans tout les sens – Wikipédia je n’en parle même pas – il faut réussir à démêler le vrai du faux, mais tout ce travail a été passionnant.

  • Quelle est l’anecdote la plus insolite que tu as apprise en faisant tes recherches pour écrire l’Histoire de Sonic ?

Sonic R, version européenneIl y en a une qui m’a marqué sur Sonic R. A la base, Sonic R, c’était un jeu de Formule 1 en cours de développement sur Saturn, jusqu’à ce que SEGA ne passe un coup de téléphone pour commander un concurrent de Mario Kart. Traveller’s Tales, le développeur, est alors parti de cette base avec son moteur graphique maison et a amélioré le tout grâce à un temps de développement assez large. L'autre anecdote qui me vient en tête, c’est que le leader du groupe Dreams Come True (et compositeur de Sonic), Masato Nakamura, a dû demander à sa chanteuse de terminer le jeu devant lui parce qu’il voulait écouter ses musiques, mais il était tellement mauvais qu’il n’arrivait pas à passer les premiers niveaux.  Et ce genre d’anecdotes, le livre en est blindé !

  • Tout n’a pas pu être inclus dans l’ouvrage, entre les choix éditoriaux et la validation par toutes les branches de Sega. Par exemple, la couverture de L’Histoire de Sonic n’a pas toujours été la même si je ne me trompe pas ?
La couverture non retenue de l'Histoire de Sonic
En fait, la première couverture a été refusée par SEGA Japan. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'elle utilisait trois artworks différents pour faire une illustration : la main, l’anneau et le Sonic de Sonic Adventure. Et comme l’ouvrage était réalisé de manière officielle, il fallait que tous les éléments soient validés. Ils ont préféré utiliser un artwork déjà existant.

  • Avec plus de vingt personnages à décrire pour toute la série, est-ce que tu n’es pas tombé à court d’inspiration à un moment donné ?

L'artwork de la jaquette de Tails' SkypatrolSi tu en vois une vingtaine dans le bouquin, il faut savoir que j’ai écrit environ 70/80 fiches de personnages. D’ailleurs, ça été un véritable parcours du combattant. Sur les plus emblématiques, tu trouves des choses mais alors pour les autres… ça peut être une heure de recherche pour une petite anecdote intéressante, voire beaucoup plus. Et il est clair que l’inspiration n’est pas venue toute seule, surtout quand tu tombes sur des personnages oubliés depuis des années comme ceux de Tails' Skypatrol sur Game Gear par exemple. Après, je pense que le choix a été fait sur certains personnages parce qu’on voulait vraiment montrer leur évolution au travers d’artworks.

  • Si tu ne devais garder qu’un seul jeu Sonic, lequel serait-il en 3D, en 2D, et sur console portable ?

Sonic, version Master System européenneEn 3D, Sonic Adventure sur Dreamcast,  car pour moi la transition 3D a été parfaitement réussie bien que certains en disent le contraire. Sur portable, là encore, mon choix se porte très facilement sur le premier opus de Sonic, très proche de la mouture Master System dont je suis un adorateur absolu. Et en 2D, impossible de passer à côté de Sonic 2, qui reste à mon sens l’un, si ce n’est le meilleur épisode de tous les temps.

  • Comment vois-tu évoluer le hérisson bleu dans 10, 20, 30 ans ?

Takashi IizukaQuestion difficile ! Je pense qu'on verra d'un œil mitigé l’évolution du personnage, nous qui avons grandi avec lui dans les années 90. Le personnage a évolué avec son temps, il a changé de design. Il est à l'image du jeu vidéo qui est devenu une industrie, il n'y a plus le côté artisanal de notre époque. Sonic va continuer sans problème, c’est une franchise à laquelle SEGA tient énormément. Beaucoup considèrent que Takashi Iizuka a une vision beaucoup trop américaine, mais je pense qu’avec Sonic Generations, il est parvenu à recréer un lien avec les fans.

  • Selon toi, comment la nouvelle génération va appréhender Sonic ?

La Sega PicoMa fille a eu sept mois il y a peu et en fait, j’ai acheté une SEGA Pico avant même sa naissance. Aujourd’hui, j'écris plus sur les jeux rétro (et pour la jeunesse) que sur les jeux récents, et ça va forcément jouer un rôle. Il suffit de rentrer dans mon bureau pour voir plusieurs figurines de Sonic, donc je pense qu’elle va bien s’y habituer (rires). De nos jours, on voit beaucoup d'ados qui ne jurent que par Call of Duty et ce type de productions, mais les moins de dix ans ne sont pas du tout dans cette optique du réalisme ou de la 3D et je trouve ça génial. L'autre jour, j'ai joué avec mon petit neveu à Sonic sur Mega Drive, puis Spiderman sur 32X ou encore Tortues Ninja IV : Turtles in Time sur Super Nintendo. Il a juste adoré, et ma nièce s'est rapprochée pour jouer à son tour ! Je me suis retrouvé en eux comme à l’époque où j’ouvrais un magazine et que j’étais fou rien qu’en voyant deux ou trois pixels. Aujourd’hui, ça s’est perdu, mais je pense qu’il peut y avoir un retour aux sources, rien qu’à voir leurs yeux qui pétillaient.

  • Tu deviens donc prescripteur en fait !

ICO & Shadow of the Colossus CollectionC’est exactement ça. Je suis un grand passionné de l’histoire du jeu vidéo avec un grand H, et je ne veux pas que l’on oublie tous ces jeux vidéo qui ont marqué son évolution à travers le temps. Je ne crache pas sur ce qui est fait aujourd’hui, mais je trouve que c’est trop aseptisé, trop gris, trop post-apocalyptique. Je préfère cent fois plus des expériences comme Journey ou encore des rééditions HD comme ICO & Shadow of the Colossus Collection. C’est de la nostalgie, mais c’est de notre génération. Ma fille jouera à la Pico quand elle aura trois ans, et puis assez souvent on allumera une vieille console puisque je les collectionne. Les parents d’aujourd’hui ont mon âge, on a grandi avec l’émergence du jeu vidéo tel qu’il est devenu, même si on a vécu avec les grosses moqueries du genre « sors de ta chambre, va jouer dehors ». J'appelais ça le "gang des mobylettes" à l'époque (rires). Donc, d’un côté, il y aura de la Mega Drive, de la Super Nintendo, de la Game Gear et puis de l’autre il y aura de la PlayStation Orbis, de la Wii U, de la Xbox Durango !

  • Merci beaucoup !

C’est moi !
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