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Shugo Tokumaru


Article Shugo Tokumaru - Live report du concert de Shugo Tokumaru à Paris le 4 avril 2011

Article rédigé par chtite_asu le 06 Avril 2011 (dernière modification le 11 Avril 2011)
Dans la communauté d'amateurs de musique japonaise, peu connaissent le nom de Shugo Tokumaru. Pourtant, une file d'attente conséquente attend l'ouverture des portes du Divan du Monde ce lundi 4 avril. Il faut dire que le profil du maître est très alléchant : il serait capable de manier plus de cent instruments différents... Mais ce n'est pas tout ! Son dernier album, Port Entropy, s'est vendu à plus de 75 000 exemplaires lors de sa sortie au Japon. Un record pour un artiste solo indépendant.

Le public est donc principalement constitué de curieux et de personnes connaissant l'artiste grâce à son très bon background. La moyenne d'âge étant de 25-30 ans, il va sans dire que l'ouverture des portes se passe sans déboires. Le public se dirige principalement au bar ou au stand goodies où une boîte destinée aux dons pour le Japon a été mise en évidence. Shugo Tokumaru avait déjà fait une action pour les sinistrés en proposant une nouvelle chanson, Open a bottle, en téléchargement légal au prix que les auditeurs souhaitaient payer : tous les bénéfices ont été reversé à la Croix Rouge. Il nous prouve donc une fois de plus son désir d'aider ses compatriotes dans le besoin à sa petite échelle.


Une première partie inattendue
...

À 20h15, le trio français composé de David Fenech, GRIMO et Klimperei fait alors son entrée en scène. Les visiteurs éparpillés dans la salle, resserrent les rangs tandis que d'autres y pénètrent. Cependant, ils n'y resteront pas bien longtemps...
Les trois membres équipés chacun d'une guitare électrique commencent à jouer en les faisant grincer. Tous trois interprètent des parties très différentes : alors que Fenech possède le lead avec son jeu strident, GRIMO a accordé sa guitare dans les tons aussi grave qu'une basse et Klimperei s'amuse avec sa pédale Wah-wah. Le son est bien sûr distortionné et saturé à souhait. Fenech tape alors sur son manche avec une tonebar afin de faire varier les tonalités à son approche, tandis que les deux autres se déchaînent sur leur floyd. L'effet produit nous donne des frissons ; on a l'impression que quelqu'un va arriver tronçonneuse en main dans les instants à venir et déchiqueter l'ensemble du public pour tourner un nouveau film d'horreur en temps réel. Le très bon jeu de lumière sur le bleu avec l'apparition d'orange aux moments opportuns intensifie encore plus cette sensation. Alors que tout le monde s'imaginait plonger dans le monde des poupées à Disneyland, il faut avouer que le résultat est assez... déroutant.

Malheureusement, ce n'est pas ce soir que le trio diffusera une atmosphère candide ou enfantine, les titres expérimentaux et bruitistes s'enchaînant les uns après les autres. Ils avouent d'ailleurs -après s'être présentés lors d'un court MC- qu'ils ont simplement changé d'avis sur le contenu musical de leur set. Les plus sensibles décident donc d'aller s'oxygéner, certains plus courageux vont se racheter une bière et les plus malins, ayant remarqué que les balcons sont ouverts, filent se réserver une place pour la star de la soirée. Pourtant, techniquement, le trio usurpateur ne démérite pas. Bien que peu présents pour le public, ils sont parfaitement en osmose dans leur registre improvisé et lui en donne pour son compte. Ainsi, les titres à l'ambiance pesante sont très agréables à l'écoute à condition d'apprécier un tant soit peu le genre. Guitares criardes, accords saturés, sales et dégoulinants, dérèglement des clés pour accentuer le côté psychédélique en passant d'une façon peu commune des aigus aux graves en tendant et détendant les cordes... Tout est là. Les musiciens maîtrisent parfaitement leur instrument et vont même jusqu'à jouer à l'archer par moments et à utiliser des tonebar devant la caisse ou le manche afin de provoquer des variations sonores inattendues. Après avoir remercié le public et révélé que le dernier morceau avait été créé la veille, le groupe quitte la scène vers 21h pour le plus grand soulagement des trois-quarts des personnes présentes dans la salle.


Shugo Tokumaru : le sauveur !

L'ingénieur du son assure ensuite le coup en diffusant une musique instrumentale très douce, tranchant avec le set précédent pour annoncer la couleur. Étrangement, la salle se remplit brusquement jusqu'à devenir presque comble : la scène débarrassée, les musiciens viennent faire les derniers réglages. L'attente ne sera pas bien longue puisque Shugo Tokumaru fait son entrée, accompagné de deux membres de session, un quart d'heure plus tard, sous les acclamations chaleureuses de ses fans.

Il en profite alors pour saluer son public et lui dire bonsoir en français avant d'accorder sa guitare électrique. Le suspense est de courte durée puisqu'il donne rapidement le coup d'envoi avec Tracking Elevator, issue de l'album Port Entropy. Il démontre d'entrée de jeu ses talents de musicien en se baladant aisément sur son manche tout en pinçant quelques cordes, produisant une très jolie mélodie. D'un autre côté, le batteur ne démérite pas en tapant sur sa batterie comme s'il n'y avait pas de lendemain malgré son aspect fragile tandis que l'accordéoniste attire également beaucoup de regards vers elle. Vocalement, Shugo Tokumaru assure largement avec sa voix au feeling aérien, à la fois aigüe et profonde. Ses deux musiciens le rejoignent par moments en back vocals produisant une belle harmonie. Le jeu de lumières sur les tons orange et rouge colle aussi parfaitement à l'ambiance en transmettant la chaleur du morceau au public. On se laisse alors emporter dans un monde haut-en-couleur grâce à l'instrumentation, mais surtout au chant dominant qui captive l'ensemble des personnes présentes dans la salle.


Un voyage vers un monde merveilleux...

Après un passage instrumental très technique tout en restant mélodique, les premiers accords et sons de tambourin de Rum Hee retentissent. La musique était déjà très prometteuse en version studio, mais nous transporte dans une toute autre dimension en concert ! L'accordéoniste a troqué son instrument avec un xylophone ; on a alors l'impression de glisser sur un arc-en-ciel en diffusant de la poussière d'étoile sur notre passage tandis que les musiciens se déchaînent en donnant encore plus de rythme, de profondeur et de couleur au morceau. C'est d'ailleurs la sensation que l'on a tout du long du concert en écoutant les titres défiler les uns après les autres : Shugo Tokumaru nous livre une pop à la fois sucrée et acidulée, très efficace ! Ainsi on ne peut qu'en devenir accro, de la même manière qu'il est impossible de ne manger qu'une fraise Tagada une fois le paquet ouvert.

Le chanteur semblant très modeste et impressionné de son succès, remercie le public à de nombreuses reprises. Il essaie de communiquer en français en se présentant avant d'être gêné de ne pas savoir quoi dire d'autre et décider de continuer de s'exprimer par le biais de sa musique. Après tout, comme il le dit lui-même, bien que le Japon traverse actuellement une crise terrible, il est ici pour se produire sur scène ce soir. Il serait donc idiot de se priver d'en profiter !
On aurait pu croire que Shugo Tokumaru serait la seule star ce soir, mais ses deux membres de session font un travail remarquable. On notera tout de même la participation incroyable de Yumiko, qui change plusieurs fois d'instruments par morceau. Ainsi, on l'entend jouer de l'accordéon, du Glockenspiel, du mélodica et divers accessoires issus de la toy music tels que des sifflets. Couplée au très bon chant de notre génie de la pop, cette instrumentation est un vrai plaisir auditif !


Une démonstration humble de ses compétences jusqu'à la dernière seconde

L'artiste interprète également quelques ballades appréciables comme Sanganichi, seul sur scène, et Linne. Étant toutes relaxantes et touchantes, le public les savoure en restant calme et respectueux. La partie de guitare est mise en avant dans la première chanson et malgré quelques notes tapées maladroitement sur son manche, on lui pardonne tout. La piste a des accents de fusion et créée une rupture avec les précédents morceaux. En l'écoutant, on a envie de fermer les yeux et de profiter de ce beau rêve le plus longtemps possible. En ce qui concerne Linne, difficile de dire ce qui attire le plus notre attention. En effet, Shugo Tokumaru chante avec une voix pénétrante et assure une très jolie partie de guitare d'une part, tandis que ses musiciens font une remarquable démonstration de tous les instruments qu'ils ont sous la main de l'autre : batterie, tambourin, maracas, Glockenspiel, toys... Le public est tellement scotché qu'il ne peut qu'avoir un air d'ahuri, restant bouche bée.

Il nous offre également une excellente reprise de Video Killed the Radio Star, tube de The Buggles. Le chanteur a sorti son ukulele pour l'occasion et même son sifflet aux moments où il ne chante pas, tandis que ses deux compères ont maracas et mélodica en main ! Son chant aigu est du meilleur effet ; il a clairement dépoussiéré ce vieux titre en lui redonnant par la même occasion, une bonne couche de couleur pour le plus grand plaisir du public ! L'interprétation de Lahaha vaut également son pesant d'or : on sent que la fin du set principal arrive tant Shugo Tokumaru se donne à fond avec ses accords de guitare très dynamiques. Yumiko ressort une énième fois son attirail et les musiciens se déchaînent créant un fortissimo très appréciable tout en nous renvoyant une dernière fois par la même occasion dans le monde des Bisounours avant de quitter la scène vers 21h15.

Inutile de dire que les peluches alcooliques dans la salle en réclament davantage et Shugo Tokumaru ne fait pas durer le suspense en revenant... deux minutes plus tard ! Il reprend son ukelele en main, s'installe sur son tabouret et donne immédiatement le coup d'envoi de Malerina, la plus marquante des deux rappels. Le public sentant la fin approcher en profite pour taper des mains en rythme et chanter quelques « woohoo » en chœur tandis que les musiciens accélèrent de plus en plus le rythme. Ils calment alors le jeu et enchaînent avec le dernier titre de la soirée, plus technique, grâce au solo de guitare d'introduction. Tous trois saluent et remercient leurs fans une dernière fois avant de quitter définitivement la scène, malgré leurs appels incessants. Ils espéreront un autre rappel pendant encore un long moment, mais malheureusement, toutes les bonnes choses ayant une fin, il n'aura pas lieu.



Au final, Shugo Tokumaru a produit un excellent concert à Paris, mais ses musiciens méritent également d'être salués. Malgré une première partie qui en a rebuté plus d'un, il a réussi à faire oublier ce cauchemar et à faire rêver son public par l'intermédiaire de sa pop colorée. À l'issue de ce live, on se rend définitivement compte du fossé énorme qui sépare les artistes indépendants, avec, d'un côté, des clowns incompétents et de l'autre, des passionnés ayant du talent à revendre. Notre génie de la pop est, en définitive, un incontournable : les personnes présentes ont été plus que comblées malgré une setlist passée à la vitesse de la lumière tant le spectacle était de qualité et passionnant. On ne peut que croiser les doigts en espérant qu'il revienne dans nos contrées le plus vite possible.
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DERNIERS COMMENTAIRES
5 commentaire(s) | Ajouter un commentaire
Posté le 25 Avril 2011 à 22h03Par Aurore (invité)
Avatar de Invité
J'aurais dû me bouger un peu pour le voir à Hambourg, j'avais déjà vu trainer son CD, sans plus d'accroche que ca, mais tu semble vraiment ravie ;)
Posté le 11 Avril 2011 à 19h55Par Bof (invité)
Avatar de Invité
Je n'y étais pas mais ça donne envie !!
Posté le 11 Avril 2011 à 12h01Par chtite_asu
Avatar de chtite_asu
Oh, merci à tous les deux ^^
Ça me fait plaisir d'avoir ce genre de retour et surtout que l'article vous ait plu !
C'est motivant pour écrire d'autres choses !

Et oui, Video Killed the Radio Star était vraiment un instant magique. Le genre de musique que personne n'attendait et qui nous a tous éblouis. Son interprétation collait vraiment avec le reste du spectacle et était aussi bien, sinon mieux, que la version originale ! J'ai adoré aussi^^
Posté le 11 Avril 2011 à 08h42Par makki (invité)
Avatar de Invité
Très bon article et oui il est bougrement immersif, j'avais l'impression d'y être retourné =D

Rah et ce Radio Star, quel moment...
Posté le 10 Avril 2011 à 22h51Par Ramza
Avatar de Ramza
Excellent article, très observateur et donc totalement immersif.

Ça donne envie !