DOSSIER MANGADossier: Bilan Manga 2010 : ça se corse !
Production : rien de nouveau sous le soleil levant
Si on effectue un rapide calcul, les 1522 nouveautés correspondent à une publication moyenne de 30 titres par semaine. Les années n'étant pas prêtes de rallonger, le choix de la mise en place devient le casse-tête récurrent du libraire, qui doit choisir les titres à mettre en avant sur son présentoir.Le lecteur se retrouve donc face à une présentation variable, originale ou commerciale, selon la qualité de son revendeur. C'est alors à son tour de faire ses choix mais 2010 fut, une fois de plus, l'année d'une offre titanesque où il s'avère complexe de sélectionner le titre qui le mérite ou, plus simplement, qui vous convient.
Dès lors, que la qualité soit présente ou non, difficile pour une œuvre de se retrouver du coté de la partie visible de l'iceberg. Face aux phares bien installés que sont les best-sellers du manga, les chances de voir un bateau rempli de lecteurs venir dans sa direction n'ont guère évoluées cette année.Néanmoins, à défaut d'avoir dynamisé ce marché, de nouvelles séries ont fait leur apparition et quelques unes ont connus un succès honorable, que ce soit grâce à une récompense critique ou grâce à des auteurs de renoms comme ce fut le cas pour Pluto et Bakuman.
D'autres ont également bénéficié d'une mise en avant bien ciblée ou de la venue de leur auteur : Hiro Mashima a dopé les ventes de Monster Hunter et la rencontre de Jun Mochizuki avec son public français a fait de Pandora Hearts l'une des 4 nouvelles séries de l'éditeur Ki-oon a avoir "réussi" son lancement.
Voici d'ailleurs la liste des 10 nouvelles licences les plus populaires de 2010 sur l'hexagone :
- Pluto

- Bakuman
- Monster Hunter
- Pandora Hearts
- Twilight
- Blazer Drive
- L'île de Hôzuki
- Maid-sama
- Alice au Royaume du Cœur
- Artelier Collection
Si cette liste permet de départager entre elles ces nouveautés, elle est bien loin de représenter les tendances du marché du manga, détenu par quelques leaders.
Un marché de stars vieillissantes
Bien que premier au classement des nouvelles œuvres, chaque volume de Pluto est tiré en 2010 à 40 000 exemplaires, soit la 11e place au classement des tirages moyens de l'année. Voici les 20 premiers, selon les chiffres du bilan annuel de l'ACBD :
| Manga | Tirage moyen 2010 | Progression |
| Naruto | 250 000 | Inchangé |
| Twilight | 250 000 | Nouvelle parution |
| One Piece | 90 000 | + 13 % |
| Fairy Tail | 80 000 | + 13 % |
| Fullmetal Alchemist | 72 500 | - 5 % |
| Bleach | 60 000 | + 16 % |
| Soul Eater | 51 000 | - 29 % |
| Dofus | 50 000 | - 20 % |
| Les années douces | 50 000 | Nouvelle parution |
| Hunter X Hunter | 50 000 | Inchangé |
| Pluto | 40 000 | Nouvelle parution |
| Bakuman | 40 000 | Nouvelle parution |
| Monster Hunter Orage | 40 000 | Nouvelle parution |
| D.Gray-Man | 40 000 | - 13 % |
| Doubt | 40 000 | Inchangé |
| Black Butler | 35 000 | |
| Saint Seya Hadès | 34 333 | - 17 % |
| Negima | 31 667 | - 11 % |
| Dragon Ball | 31 455 | - 21 % |
| Les Gouttes de Dieu | 30 000 | |
| Pandora Hearts | 30 000 | Nouvelle parution |
Ce classement est mené depuis plusieurs années par les mêmes séries, avec en tête l'indétrônable Naruto, dont chaque volume est produit à 250 000 exemplaires. Avec cinq volumes pour l'année, le ninja de Konoha comptabilise donc 1 250 000 tomes, inondant le marché aussi bien dans les boutiques spécialisées que dans les rayonnages des grandes surfaces.
Twilight a également bénéficié d'un énorme tirage mais il semble que son éditeur Pika ait quelque peu surestimé son potentiel, comme nous le verrons dans la troisième partie de ce dossier.
"Loin derrière", aux environs de 90 000 exemplaires, on retrouve One Piece, pourtant numéro 1 au Japon, et Fairy Tail, au coude à coude.
Kurokawa devra faire face à la fin de sa série phare Fullmetal Alchemist en 2011, une série qui continue de bien se porter. Espérons pour eux que Soul Eater, bien classé mais en perte de vitesse, finisse par prendre la relève.
Ce classement permet aussi de nous remémorer les grands absents de l'année : la fin de Death Note dont le volume 13 a été tiré à 65 000 exemplaires en 2009, l'absence de la star du shôjo, Nana, tiré d'habitude à 60 000 exemplaires, de Gunnm Last Order (60 000) ou de Übel Blatt (40 000).
Même s'il ne faut pas confondre tirages et ventes, ces chiffres confirment que le marché du manga est celui d'un seul genre : le shônen. Parmi les gros tirages de l'année, ce dernier représente 85 % des exemplaires publiés en France, le seinen et le shôjo se partageant le reste.
Et au sein du shônen, quelques grandes stars font vivre leur éditeur, comme on peut le voir ci-contre. Mais même s'ils s'en réjouissent, ils sont bien loin de s'en satisfaire, car la relève tarde. Un chiffre permet de comprendre leurs craintes : en 2010 les 9 séries les plus vendues détiennent à elles seules plus de 50 % du marché.
La problématique est donc posée : et après ?
Cette question, les éditeurs nippons se la posent eux aussi et ils œuvrent depuis quelques années afin de découvrir une nouvelle terre promise, une nouvelle licence manga-anime-jeux vidéo-musique-porte-clés et autres gadgets.
Le résultat se fait encore attendre, mais une éventuelle traversée du désert à la fin de Naruto, One Piece et Bleach ne serait pas une première pour le Japon, qui l'a déjà connu dans les années 90 après la fin de Dragon Ball et de Slam Dunk, deux ex-locomotives. La situation serait par contre plus inédite pour le marché tricolore.
Après avoir pioché dans 40 ans de succès nippon et avoir tenté sans grande réussite les mangas des années 60 et 70, les éditeurs français sont désormais obligés de naviguer en eaux troubles, sans pouvoir profiter de l'appréciable test sur le marché nippon.
Découvrir de nouveaux talents fait partie du métier d'éditeur, mais la prise de risques n'est pas chose facile, surtout quand les ventes globales ont décidé de régresser...
COMMENTAIRESJuste en passant : 5 x 250 000 = 1 250 000 !
Sinon très bon dossier qui fait le point sur la situation actuelle du manga. On va voir la progression pour les années futures mais il faudrait des mangas qui remplacent les Bleach ou les One Piece, enfin qui les complétent plutôt.
http://www.akata.fr/news.php?id=707
J'ai pu l'observer il y a deux-trois ans avec Death Note (et parce que je suis aussi prof en lycée tout simplement) : il y en a avait partout à toutes les sauces mais lorsque ça c'est fini plusieurs des élèves sont passés à autre chose, comme Plus belle la vie, Grease Anatomy, etc etc...
Je ne cesse de comparer le manga au cinéma ("donne-moi ton film préféré je te filerai le manga qu'il te faut" étant ma phrase de propagande favorite) : certains ne sont pas retournés au cinéma depuis Titanic ou sinon depuis les Ch'tits et y retourneront au prochain phénomène de masse.
Et on, les journalistes mangas si je peux me permettre de parler en leur nom, a un rôle important à jouer de conseil là-dedans. Donc si les gens ont du mal à choisir, c'est qu'on ne doit globalement pas si bien que ça faire notre boulot, ou que certains ne parlent que de ce qui marche, pour faire du chiffre. Mais c'est un autre débat, tout comme le livre numérique, internet et le scantrad qui sont des problématiques qui seront évoquées à part, sinon je n'aurai jamais fini ce dossier ^^;;
Quand je vais au rayon manga maintenant, je suis paumé. Rien que les couvertures me donnent mal au crâne : alambiquées au possible, avec des titres presque aussi indéchiffrables bientôt que les logos des groupes de black métal. Et des personnages stéréotypés, des muscles, des masques, des beautés pseudo-gothiques, des gueules d'étudiants ou des beaux gosses à mèches et boucles d'oreilles auxquels il m'est impossible de m'identifier. En plus je n'ai accroché à quasiment aucune des tueries éditoriales de ces dernières années.
Bon bien sûr, je vieillis, je devrais traîner un peu plus côté seinen c'est clair... Mais ce rayon manque de carrure à mon goût. Comme un vieux, je m'accroche à des choses qui me rappellent le passé, comme Gunnm LO ou Angel Heart. Et finalement, le rayon BD a beau être tout aussi rempli de nouveautés chaque fois que j'y passe, je m'y sens toujours aussi bien qu'il y a 10 ans. Sans doute parce qu'il est bien plus facile de "tester" des nouvelles BD de 45 pages que des tomes de mangas bien plus longs.
Quoi qu'il en soit, j'ai mis un frein à ma consommation de mangas (je parle de lectures ET d'achats). Pas étonnant que le marché recule ;-)
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