DOSSIER MANGADossier: Bilan Manga 2010 : ça se corse !
Ventes : à la recherche d'un nouveau public
Vente de mangas : ça se corse !
Après des taux de croissance impressionnants dans la première moitié de la décennie 2000, les ventes de mangas se stabilisent progressivement depuis maintenant 4 ans (voir graphique ci-contre).
En 2009 on a pu entendre des éditeurs plutôt confiants, expliquant que le marché arrivait à maturité après 20 ans de croissance. Un bilan stable (-0.5 % en volume de ventes) a d'ailleurs confirmé leurs propos.
Cependant en 2010, certaines mines se sont grisées, et plusieurs discours sont devenus moins optimistes, au fur et à mesure de la confirmation d'une baisse des ventes. L'institut GfK Retail Technology a annoncé à la mi-janvier une évolution de - 5.3 % du volume des ventes pour 2010, avec 14 223 260 exemplaires vendus, en parlant de "recul important".
Les causes évoquées sont multiples. Certains parlent des conséquences de la crise financière, une hypothèse qui n'est cependant pas validée par la stabilité des ventes de livres (+0.2%) et un marché des albums BD en progression (+ 1.8 %).
Si Naruto et One Piece sont les BD les plus vendues de l'année toutes catégories confondues et que Fairy Tail n'est pas loin, aucune nouveauté 2010 n'est réellement venu dynamiser le secteur. Sachant que 98 % des ventes de mangas se rattachent à une série, un successeur est attendu de pied ferme.
Autre argument : la déception affichée de certains éditeurs pour les ventes de seinen. Après le shôjo il y a quelques années, plusieurs maisons d'éditions espéraient réitérer l'explosion des ventes avec le troisième genre de la BD japonaise.
Malheureusement le manga pour les 20 ans et plus peine face à la concurrence des séries TV live comme Heroes, Lost & 24 pour ne citer qu'elles, spécialement dédiées à cette tranche d'âge. Une fois lassée du shônen, une part du lectorat manga passeraient donc à autre chose.
Conséquence : certains titres se vendent désormais en dessous du millier d'exemplaire, une mauvaise surprise qui n'encourage pas la prise de risque.
Enfin Pascal Laffine, directeur éditorial de l'un des éditeurs les plus touchés, Tonkam, met en avant la problématique des "retours". Il explique que si les librairies "pouvaient garder pendant un an les livres commandés et se les faire ensuite rembourser, elles doivent désormais payer comptant. Du coup si un titre ne marche pas, il est renvoyé au bout de deux semaines, ce qui pénalise les nouveaux titres, notamment les seinen".(Source : Animeland 167).
Face à ces problèmes, chaque éditeur a essayé de trouver une solution en 2010, avec plus ou moins de réussite...
Les mystérieuses voix du succès
La réussite commerciale d'un manga s'accompagne souvent de nombreux mystères, tout comme son échec. Dans un marché français encore jeune par rapport à son aîné franco-belge, les théories marketing sont loin d'être à toutes épreuves. Si l'année 2010 a donc connu quelques revers, les leaders du marché sont restés les mêmes, comme l'indique le graphique ci-contre.
Citons l'exemple du lancement de Twilight, surfant sur la mode à succès des vampires (Vampire Knight, Rosario Vampire ou encore Trinity Blood) et adapté du roman à succès de Stephenie Meyer. Édité à 250 000 exemplaires et bénéficiant d'une campagne de communication poussée, le titre n'a pas satisfait les attentes de Pika, avec des ventes inférieures à 60 000 unités. Mais ça n'empêche pas ce dernier de progresser de 4 % sur ses ventes de l'année.
Cependant l'année 2010 n'a pas été morose pour tout le monde et l'évolution des ventes varie d'un éditeur à un autre, comme le montre le graphique ci-contre.
Les leaders du marché que sont Kana et Glénat conservent leurs places de leader mais perdent du terrain au profit de Pika, Kazé Manga, Ki-oon ou d'autres petits éditeurs comme Doki-Doki qui signe la plus forte progression de l'année*.
A l'opposé, Panini, Delcourt et Tonkam enregistrent les plus sévères régressions de l'année, aux alentours de 20 %.
Ces chiffres permettent également de constater que les ventes ou les chiffres d'affaires ne sont pas dictés par le nombre de titres sortis (voir comparatif ci-contre). Si le nombre de nouveautés et de publications est à la hausse mais que le nombre de ventes diminue, cela signifie donc que le nombre moyen d'exemplaires vendus par manga est à la baisse.
Certains compensent ces faibles ventes par une augmentation du nombre de titres. Cette technique permet de couvrir l'ensemble du lectorat shônen, seinen et shôjo en diversifiant l'offre. Cependant plusieurs éditeurs s'inquiètent de cette croissance artificielle qui diminue la visibilité globale de chaque titre, et pousse les lecteurs vers les standards du marché.
Quelle que soit la solution choisie, l'année 2011 démarre avec de nombreuses questions et tout autant d'attentes. Si on ajoute à ces débats Internet et le livre numérique, une chose est sure : en 2011, le manga aura des choses à dire !
*Précision sur les valeurs : Les pourcentages de progression relatifs aux publications ou aux parts de marché sont à prendre avec du recul. Un éditeur qui passerait de 10 à 50 mangas progresserait de 400 % alors qu'une progression de 10 000 à 11 000 exemplaires, bien plus importante, n'est que de 10 %.
COMMENTAIRESJuste en passant : 5 x 250 000 = 1 250 000 !
Sinon très bon dossier qui fait le point sur la situation actuelle du manga. On va voir la progression pour les années futures mais il faudrait des mangas qui remplacent les Bleach ou les One Piece, enfin qui les complétent plutôt.
http://www.akata.fr/news.php?id=707
J'ai pu l'observer il y a deux-trois ans avec Death Note (et parce que je suis aussi prof en lycée tout simplement) : il y en a avait partout à toutes les sauces mais lorsque ça c'est fini plusieurs des élèves sont passés à autre chose, comme Plus belle la vie, Grease Anatomy, etc etc...
Je ne cesse de comparer le manga au cinéma ("donne-moi ton film préféré je te filerai le manga qu'il te faut" étant ma phrase de propagande favorite) : certains ne sont pas retournés au cinéma depuis Titanic ou sinon depuis les Ch'tits et y retourneront au prochain phénomène de masse.
Et on, les journalistes mangas si je peux me permettre de parler en leur nom, a un rôle important à jouer de conseil là-dedans. Donc si les gens ont du mal à choisir, c'est qu'on ne doit globalement pas si bien que ça faire notre boulot, ou que certains ne parlent que de ce qui marche, pour faire du chiffre. Mais c'est un autre débat, tout comme le livre numérique, internet et le scantrad qui sont des problématiques qui seront évoquées à part, sinon je n'aurai jamais fini ce dossier ^^;;
Quand je vais au rayon manga maintenant, je suis paumé. Rien que les couvertures me donnent mal au crâne : alambiquées au possible, avec des titres presque aussi indéchiffrables bientôt que les logos des groupes de black métal. Et des personnages stéréotypés, des muscles, des masques, des beautés pseudo-gothiques, des gueules d'étudiants ou des beaux gosses à mèches et boucles d'oreilles auxquels il m'est impossible de m'identifier. En plus je n'ai accroché à quasiment aucune des tueries éditoriales de ces dernières années.
Bon bien sûr, je vieillis, je devrais traîner un peu plus côté seinen c'est clair... Mais ce rayon manque de carrure à mon goût. Comme un vieux, je m'accroche à des choses qui me rappellent le passé, comme Gunnm LO ou Angel Heart. Et finalement, le rayon BD a beau être tout aussi rempli de nouveautés chaque fois que j'y passe, je m'y sens toujours aussi bien qu'il y a 10 ans. Sans doute parce qu'il est bien plus facile de "tester" des nouvelles BD de 45 pages que des tomes de mangas bien plus longs.
Quoi qu'il en soit, j'ai mis un frein à ma consommation de mangas (je parle de lectures ET d'achats). Pas étonnant que le marché recule ;-)
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