Baby Cart vol.4 : L'Ame d'un Père, Le Coeur d'un Fils, Critique de la rédaction
Critique rédigée par The Duke le 25 Juin 2009 (dernière modification le 01 Octobre 2009)Après la maestria misumesque des trois premiers volets, reprise de flambeau par l'artisan Buichi Saito, premier choix de l'acteur Tomisaburo Wakayama, L'Ame d'un Père, le Cœur d'un Fils prolonge l'errance du samouraï banni Ogami Itto sur les routes décharnées d'un Japon asphyxié par les manipulations de ses chefs.
En 1972, après un troisième volet somme toute assez faible, dans lequel Misumi, par un hypothétique manque d'inspiration, s'autoparodiait et recrachait tout un pan de la grammaire corbucienne, Shintaro Katsu alors à la tête de sa so
ciété Katsu Prod et son frère Tomisaburo Wakayama mettaient derrière la caméra, un artisan bis de la production nippone, second couteau de la société Toho, l'illustre Buichi Saito.
En respectant la syntaxe propre à l'œuvre originale de Koike et de Gojima, Saito s'impose comme un possible successeur à Kenji Misumi. On pensait que ce dernier avait tout dit sur cette histoire de vengeance amère sur fond de Japon cancéreux. Pendant un peu plus d'une heure, Saito propulse ce quatrième volet dans des décors poisseux et désespérés, sa caméra ouvre ce conte macabre par un plan sur le sein tatoué d'une guerrière au passé trouble.
Dans des séquences funèbres dignes d'un Mario Bava ou d'un Lucio Fulci, Saito fait combattre Ogami Itto, icône vengeresse fêtée dans toute l'Asie, à des hordes de ninjas se dissimulant dans des statues disposées au milieu d'un temple, où se tiennent habituellement processions et prières.
Dans cet épisode ne dérogeant pas à la règle, des geyse
rs de sang bien oxygéné viennent éclabousser des personnages au front gras. L'atmosphère est suffocante, l'ignoble Retsudo est au cœur de tous les complots, Saito manie habilement toutes les ficelles scénaristiques, on apprend les réelles motivations des assassins....
Sans fausse note, au cours d'un assaut final ultra-violent, Buichi Saito surfe sur le genre spaghetti en vogue et accouche d'une séquence magnifiée par des mouvements immersifs de caméra portée, étouffant le spectateur dans les recoins d'une carrière de pierre labyrinthique. Le chancèlement du loup à l'enfant écorché par les sabres de ses assaillants inspirera le très éclectique George Miller pour son guerrier de la route et annoncera par la même occasion les futurs épisodes massacreurs de la saga....
Baroque et mélodramatique, ce nouveau volet s'insère parfaitement dans le désenchantement de l'œuvre originale des compères Koike et Gojima. L'Ame d'un Père, Le Coeur d'un Fils de Buichi Saito est un bloc de poésie, amer et sanguinaire.
En 1972, après un troisième volet somme toute assez faible, dans lequel Misumi, par un hypothétique manque d'inspiration, s'autoparodiait et recrachait tout un pan de la grammaire corbucienne, Shintaro Katsu alors à la tête de sa so
ciété Katsu Prod et son frère Tomisaburo Wakayama mettaient derrière la caméra, un artisan bis de la production nippone, second couteau de la société Toho, l'illustre Buichi Saito.En respectant la syntaxe propre à l'œuvre originale de Koike et de Gojima, Saito s'impose comme un possible successeur à Kenji Misumi. On pensait que ce dernier avait tout dit sur cette histoire de vengeance amère sur fond de Japon cancéreux. Pendant un peu plus d'une heure, Saito propulse ce quatrième volet dans des décors poisseux et désespérés, sa caméra ouvre ce conte macabre par un plan sur le sein tatoué d'une guerrière au passé trouble.

Dans des séquences funèbres dignes d'un Mario Bava ou d'un Lucio Fulci, Saito fait combattre Ogami Itto, icône vengeresse fêtée dans toute l'Asie, à des hordes de ninjas se dissimulant dans des statues disposées au milieu d'un temple, où se tiennent habituellement processions et prières.
Dans cet épisode ne dérogeant pas à la règle, des geyse
rs de sang bien oxygéné viennent éclabousser des personnages au front gras. L'atmosphère est suffocante, l'ignoble Retsudo est au cœur de tous les complots, Saito manie habilement toutes les ficelles scénaristiques, on apprend les réelles motivations des assassins....Sans fausse note, au cours d'un assaut final ultra-violent, Buichi Saito surfe sur le genre spaghetti en vogue et accouche d'une séquence magnifiée par des mouvements immersifs de caméra portée, étouffant le spectateur dans les recoins d'une carrière de pierre labyrinthique. Le chancèlement du loup à l'enfant écorché par les sabres de ses assaillants inspirera le très éclectique George Miller pour son guerrier de la route et annoncera par la même occasion les futurs épisodes massacreurs de la saga....
Baroque et mélodramatique, ce nouveau volet s'insère parfaitement dans le désenchantement de l'œuvre originale des compères Koike et Gojima. L'Ame d'un Père, Le Coeur d'un Fils de Buichi Saito est un bloc de poésie, amer et sanguinaire.





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Un quatrième volet qui prolonge le chemin du sabre à travers la chair. Excellente reprise en main de l'artisan Saito.

