Le Cimetière de la Morale, Critique de la rédaction
Critique rédigée par The Duke le 24 Octobre 2009 (dernière modification le 07 Novembre 2009)En 1975, Kinji Fukasaku réalise Le Cimetière de la Morale (Jingi no hakaba) adapté d'une nouvelle de Goro Fujita, avec Tetsuya Watari et l'angélique Yumi Takigawa, héroïne maladive du Couvent de la Bête Sacrée (1974) de Norifumi Suzuki. Habile à montrer la décadence de l'humanité, le père Fukasaku abandonne son spectateur dans un univers de désolation, où des putes toxicomanes pour la plupart mineures balancent leur postérieur à la face de yakuzas rigolards venant juste de se poudrer le nez. Loin des yakuzas silencieux d'un Takeshi Kitano, ceux de Fukasaku sont pleins de bruit et de fureur.
La nervosité du montage de Osamu Tanaka, la photographie de Hanjirô Nakazawa (chef opérateur attitré de Fukasaku, mais aussi de Norifumi Suzuki et de Junya Sato) entre teintes cadavériques et
spotlights psychédéliques, la succession de plans contemplatifs faisant naître l'idylle entre Cheiko et Ishikawa alimentent un récit certes simpliste, mais débouchant adroitement sur une magistrale interrogation sociale.
L'antihéros absolu, bâtard de Dieu, Rishi Ishikawa passe pour un personnage clairement antipathique. A mesure que l'intrigue progresse, Ishikawa ne s'avère être qu'un
incompris condamné dès la plus tendre enfance. Point de sentimentalisme ou d'excès de miel, simplement l'illustration d'un homme et de son spleen dans une société défigurée par le passé. L'esprit chevaleresque a disparu, le Japon est à genoux, la morale est enterrée, Dieu est aveug
le et sourd.
Loin des polars foireux de Johnnie To et des performances aérophagiques de ce tartuffe de Takashi Miike (Certains spécialistes pensent que la série des Dead Or Alive (1999-2002) pourrait faciliter le transit intestinal....), Kinji Fukasaku dresse le portait d'une nation rendue barbare par ses excès de corruption et par des valeurs ancestrales trop lourdes à porter. Pour Fukasaku, la misère de l'homme durera toujours.
Il aura fallu trois ans au père Fukasaku pour accoucher de ce polar fiévreux et ultra-violent. L'élégance de la mise en scène, le casting, l'inventivité d'un scénario porté aux nues par le couple Watari-Takigawa font de ce Cimetière de la Morale une œuvre charnière dans la filmographie de Kinji Fukasaku, metteur en scène reconnu trop tardivement pour le surestimé Battle Royale (2000) et sa séquelle démagogique Requiem (2003).
La nervosité du montage de Osamu Tanaka, la photographie de Hanjirô Nakazawa (chef opérateur attitré de Fukasaku, mais aussi de Norifumi Suzuki et de Junya Sato) entre teintes cadavériques et
spotlights psychédéliques, la succession de plans contemplatifs faisant naître l'idylle entre Cheiko et Ishikawa alimentent un récit certes simpliste, mais débouchant adroitement sur une magistrale interrogation sociale. L'antihéros absolu, bâtard de Dieu, Rishi Ishikawa passe pour un personnage clairement antipathique. A mesure que l'intrigue progresse, Ishikawa ne s'avère être qu'un
incompris condamné dès la plus tendre enfance. Point de sentimentalisme ou d'excès de miel, simplement l'illustration d'un homme et de son spleen dans une société défigurée par le passé. L'esprit chevaleresque a disparu, le Japon est à genoux, la morale est enterrée, Dieu est aveug
le et sourd. Loin des polars foireux de Johnnie To et des performances aérophagiques de ce tartuffe de Takashi Miike (Certains spécialistes pensent que la série des Dead Or Alive (1999-2002) pourrait faciliter le transit intestinal....), Kinji Fukasaku dresse le portait d'une nation rendue barbare par ses excès de corruption et par des valeurs ancestrales trop lourdes à porter. Pour Fukasaku, la misère de l'homme durera toujours.
Il aura fallu trois ans au père Fukasaku pour accoucher de ce polar fiévreux et ultra-violent. L'élégance de la mise en scène, le casting, l'inventivité d'un scénario porté aux nues par le couple Watari-Takigawa font de ce Cimetière de la Morale une œuvre charnière dans la filmographie de Kinji Fukasaku, metteur en scène reconnu trop tardivement pour le surestimé Battle Royale (2000) et sa séquelle démagogique Requiem (2003).





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Le Cimetière de la Morale transgresse, broie et heureusement ne dénonce jamais. Fukasaku passe par l'abomination pour faire éclater la vérité.
