
Zettai Zetsumei
AlbumZettai Zetsumei, Critique de la rédaction
Critique rédigée par chtite_asu le 13 Avril 2011 (dernière modification le 16 Avril 2011)Dès la première piste du disque, DADA (dadadada Ver.), sortie peu de temps auparavant en single, on sent que RADWIMPS a décidé d'en donner plein les oreilles à ses fans ! Le titre au rythme effréné nous emporte dans sa course et il est impossible de résister à cette folie dévastatrice. Le chanteur ne lésine pas sur les moyens et se lâche complètement en criant sans interruption avec de plus en plus de détermination au fil du morceau. Il est tellement absorbé dans son interprétation qu'il prend à peine le temps de respirer pendant les couplets. En retrait, le son des instruments suit son envolée, au diapason avec le chanteur, qui, lui, reprend du poil de la bête en créant un résultat décoiffant : une véritable claque ! Il est difficile de se retenir de secouer la tête en se laissant aller ; ainsi il ne vaut mieux pas l'écouter là où des traces de vie sociale sont présentes, si on ne veut pas paraître pour un reclus de la société tout juste sorti d'asile psychiatrique. Les plus accros commanderont le CD d'entrée de jeu, tandis que d'autres l'écouteront en boucle avant même de tendre l'oreille au reste de l'album.
Des compositions à couper le souffle !
Mais ces derniers ont bien tort car Zettai zetsumei est loin d'avoir tout donné. Il est très rare qu'un album de nos amis japonais soit si prenant et entraînant, mais RADWIMPS a remporté la mise. En effet, en plus d'être de qualité, les titres sont tellement variés et forment une entité si singulière, qu'on peut difficilement s'en lasser.
Ainsi, on retrouve un morceau à mi-chemin entre le rock et le hip-hop, qui n'est pas sans rappeler Dragon Ash avec la piste G koui. Yojiro Noda n'est pas réputé pour son flow, mais il est si incisif et persuasif ici, qu'il en devient convaincant. Par la même occasion, les paroles et la partie de guitare jouée d'une façon originale soulignent cette ambiance presque hargneuse, tandis que le chanteur monte en pression en dégageant une énergie encore plus remarquable vers la fin de la chanson.
Dans un style plus rock, on retrouve Gakugeikai et Kyoushinshou. Le chanteur nous martèle les paroles dans la première piste où l'atmosphère est quasi psychédélique à cause de son rire et l'impression qu'il perd progressivement ses moyens, tandis que les autres musiciens s'exaltent derrière lui. Quant à Kyoushinshou, le côté détraqué est davantage accentué grâce à la partie instrumentale presque absente avant d'être mise en valeur pendant que le chanteur devient de plus en plus instable. Le son grinçant de la guitare produit par la distorsion des cordes et du jeu avec le floyd est également du meilleur effet, couplé au chant strident et traînard.
Des influences marquées, mais pas mauvaises pour autant...
Entre ces extrêmes, on retrouve des pistes plus classiques mais tout aussi efficaces. RADWIMPS montre énormément ses influences et il n'est pas étonnant d'avoir une impression de déjà vu à l'écoute de certaines compositions pêchues comme Kimi to hitsuji to ao, Ground Zero, π et Keitai Denwa (Cat ver.). On ressent clairement la patte de BUMP OF CHICKEN et plus particulièrement de Motoo Fujiwara, puisqu'il compose tous les morceaux du groupe. Par moments, l'instrumentation simple et mélodieuse sonne vraiment comme les titres à succès du célèbre quatuor de TOY'S FACTORY. À l'écoute de Kimi to hitsuji to ao par exemple, impossible de ne pas se remémorer les premiers albums de BUMP OF CHICKEN, un peu plus agressifs que les suivants. Avec le chant de Yôjirô Noda, il n'y a plus aucun doute possible : l'envie de s'approcher du timbre et de la façon de chanter de Motoo Fujiwara est clairement audible bien que sa voix reste plus aigüe que ce dernier. Cependant, d'après les nombreuses interviews données par RADWIMPS dans le passé, étant de grands fans, ils n'ont jamais eu l'intention de s'en cacher. Puisque cela est bien fait et que les morceaux diffusent tout de même un sentiment qui leur est propre -bien qu'à la limite du copié collé par moment- il est inutile de leur reprocher d'essayer d'atteindre le niveau d'un des meilleurs groupe de rock nippon.
De même, les ballades disséminées dans l'album où ces inspirations sont d'autant plus remarquables, sont tout aussi agréables. Elles sont parfaitement réparties afin d'équilibrer le disque. On retiendra notamment Toumei ningen 18 gou, assez folk, Daidarabocchi avec son air de berceuse, ainsi que Kyuuseisha et ses paroles très fleur bleue. Plutôt qu'être destinées à nous faire déprimer, chacune d'entre elles transmet une petite note d'espoir.
Difficile de ne pas passer toutes les compositions au peigne fin tant elles sont uniques en leur genre. RADWIMPS, qui était un diamant attendant d'être taillé avec Altocorony no teiri, a parfaitement réussi à produire un album hors normes avec Zettai zetsumei. Bien que l'on ressente fortement les influences du groupe, il a réussi à les mélanger aussi minutieusement qu'on aurait pu le faire en étant complètement saoul, tant le résultat est explosif. RADWIMPS a donné un bon gros coup de pinceau au milieu d'un tableau de grande valeur pour montrer qu'il est également bel et bien présent dans le milieu du rock japonais. Zettai zetsumei n'est sorti qu'en mars mais s'impose sans aucun doute déjà comme l'un des meilleurs albums de l'année.





NOTATION
DERNIERS COMMENTAIRES
4 commentaires | Vous devez être membre pour poster des commentaires. > Devenir membreVoilà un groupe qui mérite notre attention.
THEMATIQUES























RADWIMPS a prouvé qu'il était un groupe à ne pas prendre à la légère avec son album Zettai zetsumei, d'ores et déjà incontournable.











